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 Les contes historiques du PARS

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cardinal
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MessageSujet: Les contes historiques du PARS   Jeu 28 Sep - 23:34


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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Jeu 28 Sep - 23:43

L'éternelle Mbouroch a écrit :

L'aube des Royaumes

Au commencement, il y avait deux villages, dans un Comté qui s'appelait Artois. Ces villages, mes enfants, s'appelaient Sainte-Menehould et Clermont. Les débuts y furent très difficiles : à notre arrivée, nous étions presque tous de pauvres vagabonds, vivant tout nu dans des bicoques délabrées. Et même lorsque nous réussissions à défricher un champ, nous ne maîtrisions que très peu de techniques, et encore imparfaitement. Il arrivait que nos vaches mourussent toutes au cours de la même nuit, d’une maladie foudroyante [NB : c’était un bug], ou qu'elles refusassent obstinément de se nourrir pendant plusieurs jours. L'abattage était aussi une tâche bien compliquée: lorsque l’on décidait de tuer un animal, on ne pouvait pas choisir lequel ! Vous pouvez imaginer les conséquences... Il faut dire qu'à l'époque, on abattait à mains nues... vous imaginez le carnage, de nuit dans l'étable ! Ceci dit, c'était aussi l'époque des miracles puisqu'un certain Magemax eut une vache de cinquante-sept jours ! Dans ces temps, il était possible d'avoir à la fois un élevage de cochon et un champ de mais… il me semble que quelques privilégiés ont su continuer ce prodige.

Il faut aussi savoir qu'à cette époque nous n'avions pas d'artisans dans nos villages, et les denrées sur le marché étaient très limitées: du mais, des fruits à Clermont, du poisson à Sainte-Menehould, et quelquefois de la viande, grâce à un certain LongJohnSilver, alors boucher itinérant. Le lait était alors très rare, et le pain et les légumes n’existaient pas. La nourriture du pauvre était le mais, qui était d’ailleurs beaucoup plus cher qu'aujourd'hui, comme sans doute tous les aliments. On m'a dit qu'un jour un homme décida de défier la puissante guilde du mais et vendit le sien moins cher que le prix fixé par celle-ci: ainsi serait née la
réputation de BenOben le traître.

Les conditions des cultivateurs de mais se sont alors grandement détériorées, ce qui a amené à une très grande manifestation devant la mairie de Clermont en soutien aux cultivateurs de maïs. Elle était dirigée par Marcus, et j'y étais ... que de bons souvenirs ! Le mais le plus recherché à l'époque, était celui d'un certain Jarkov...

Dans ces temps-là, tant était grande notre lutte pour la survie qu'il ne nous venait même pas à l'idée que des gens pussent un jour dépenser de l'argent pour s'habiller, ou même passer leur journées à étudier ! Mais au fur et à mesure, notre communauté se développa et bientôt les deux villages étaient saturés. De nouveaux villages apparurent alors: d'abord Varennes, puis Argonne, Troyes, Compiègne, Conflans et enfin Langres.

Et oui, ce n'était a l'époque que Conflans, et non Conflans-lès-Sens. Parmi les anciens habitants de Conflans, on peut citer : Woi, ancien maire de Conflans, Maya, Napnaptk, lecouscous, DonCorléone, Knightingale… C'était d'ailleurs un village très animé: non content d'avoir un verger, les habitants de Conflans voulaient un lac. Un certain chat s'était même proposé de le creuser, et avait dessiné tout une artillerie à cet effet. Je me demande si quelqu'un en a encore les plans... Il me semble que c'est aussi ce chat qui est à l'origine d'une grande manifestation devant le château, pour demander le changement de nom de la ville, lorsque celle-ci fut rebaptisée...

Ensuite vint la séparation de l'Artois d’avec la Champagne, qui était une étape difficile parce que nous étions habitués à faire tous partie de la même communauté à l'époque, le Royaume était si petit que l’on s'informait de ce qui se passait dans tous les villages...

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Jeu 28 Sep - 23:53

Le valeureux Krocodile a écrit :

L'histoire du Comté d'Artois

Tome 1 : De la genèse au crépuscule du gouvernement CharlesMauriceDeT.

A l'aube des Royaumes Renaissants, on ne trouvait en France qu'un seul comté, l'Artois, mais il s'étendait alors des larges plaines de Normandie jusqu'à la Champagne, en passant par les Flandres. Sur ces immenses terres régnaient le comte Lévan II le Grand et son homme de main, le prévôt-commissaire LongJohnSilver. Peu à peu, de nouveaux villages furent sortis de leur isolement par la construction de routes plus modernes, aussi de nombreux colons quittèrent-ils les plus anciennes cités pour s'y installer.

Tout semblait donc aller pour le mieux, mais une insidieuse menace commençait à s'étendre comme un cancer, lentement, mais sûrement... Les séparatistes arrivèrent, et la Champagne fit sécession sous l'impulsion de LongJohnSilver, après une courte guerre d'indépendance et une intervention royale. En effet, LongJohnSilver, sous l'injonction du Roy, dut déposer les armes le 21 décembre 1450. Dès lors, la Champagne et l'Artois furent divisés.

Afin de ne pas refaire la même erreur en se rapprochant plus du peuple, un premier conseil comtal, dont je fis partie, fut formé. Tout se passa donc tranquillement pendant les mois qui suivirent, jusqu'au jour au Lévan II fut sauvagement assassiné… D’ailleurs, même si cela n'a jamais été prouvé, je pense qu'il est très probable que ce soit son fils, Lévan III, qui ait commis ce parricide atroce. Mais, quoiqu'il en soit, à la suite de ce crime odieux, le trône devint vacant et, sur le modèle de la Champagne, l'Artois adopta un système d'élections comtales par listes. Et ce fut CharlesMauriceDeT., le chef à ce moment de la Lys, qui, grâce à une alliance avec les Patriciens qui stipulait que Goel serait intronisé sur la liste des Patriciens en Champagne si Knightingale le fût également sur la liste de la Lys, parvint à se faire proclamer Comte le 9 février 1451, au
grand dam d'ailleurs de son ennemi de toujours, le prétendant légitime à la couronne, DucRochebond, dont j'étais le bras droit.

Quand je repense au poste que j'avais reçu au début de ce conseil d'ailleurs... "Le coordinateur militaire, chargé de veiller au bon fonctionnement de toute la chaîne depuis les levées d'impôts nécessaires au recrutement jusqu'à la répartition des troupes, en passant par l'estimation des besoins des différents points stratégiques du Comté, y compris les Fortifications, voies de communication stratégiques et ressources nécessaires à la guerre"...

Le problème fut que cette désignation causa de nombreux troubles internes en Artois, ainsi que dans son conseil, mais que surtout la Normandie choisit ce moment pour autoproclamer son indépendance, sous l'étendard de Lévan III, le parricide... J'ai alors été promu Capitaine et nous avons envoyé nos armées à l'assaut des villes tombées sous le joug des séparatistes... Mes premières batailles... Que de bons souvenirs ! Nos armées commencèrent, après avoir pris une à une les villes normandes, à faire le siège de Rouen.

Nous fûmes d'ailleurs soutenus dans cette entreprise par un très grand nombre de Normands, dont le leader charismatique, Phooka, ex-maire de Dieppe, soupçonné, à tort, de trahison, avait été fait prisonnier par Lévan III.

Finalement, nous nous sommes retirés, laissant les Normands à leur propre guerre civile, mais annexant tout de même Dieppe par la force. L'Artois montra sa force, réussit à agréger et à faire la Normandie. Mais, en interne, la division régnait.

Carl_le_Viking, premier Capitaine d'Artois, avait déjà démissionné pour rejoindre le Duché de Normandie à sa création. Puis, durant les deux mois que dura l'ère CharlesMauriceDeT., le Conseil connut les déchirements et la mort.

Ce fut tout d'abord une haine sans merci que se vouèrent DucRochebond, fermement soutenu par Helric, et CharlesMauriceDeT., avec l'appui de Darken et Raoul d’Andrésy, qui prirent à témoin et comme arbitre le Procureur d'Artois, Knightingale, le sommant à tour de rôle d'intenter des procès à chacune des parties pour diffamation. Intègre, le Procureur s'y refusa. Naturellement, une telle division annihila tous les projets du Conseil, d'autant plus que le Comte dût partir en croisade pendant deux semaines, laissant le trône à une dangereuse vacance.

Il y eut ensuite les morts. Le Conseil perdit Maxarys et Reborn, tandis que le maire d'Azincourt, Sir_khirlan, fut retrouvé mort dans des circonstances encore nonélucidées.

L'on disait à cette époque que la Pieuvre Noire n'était pas loin ... Et puis ce fut la déchirure finale. Devant les refus répétés du Procureur de déférer devant le parquet d'Arras les insurgés normands, le Comte fit subtiliser la lourde clé de l'étude du Procureur pour y installer son fidèle homme de main Darken, le temps d'une nuit. Celui-ci en profita pour instruire tous les rebelles Normands regroupés à Dieppe, avant de, proprement, refermer l'étude.

Quand le Procureur scruta la liste des dossiers le lendemain, il fut surpris de voir tous ces noms et toutes ces affaires de trahison. Lorsqu’il comprit qu'on avait usurpé ses fonctions, il rendit publique l'affaire et démissionna immédiatement.

Tome 2 : De la chute du gouvernement CharlesMauriceDeT. à l’avènement du Comte Luzifer

De nouvelles élections se tinrent finalement, et ce fut un terrain propice à l’émergence d’un nouveau parti — qui allait par la suite devenir important, l'Assemblée des Diplomates —, et d’une alliance entre la Lys de CharlesMauriceDeT et moi-même — ainsi que quelques personnes de confiance — dans une liste dont j'ai oublié le nom avec le temps ... Sans surprises, DucRochebond ayant disparu, nous remportâmes la majorité
absolue des sièges du Conseil. Je fus alors, conformément à l'accord que j'avais conclu avec la Lys, désigné Comte d'Artois et des Flandres dès le premier tour.

Mes premières mesures furent ensuite, contrairement à l'avis de mon conseil, d'engager des négociations de paix avec la Champagne, nos relations étant tendues avec ce duché depuis leur indépendance ; de signer avec eux un traité d'amitié ; d'essayer d'ouvrir des pourparlers avec la Bourgogne : malheureusement, le défunt duc Prothas ne l’entendit point de cette oreille ; de réformer l’armée — qui n’a depuis point évolué ; d’instaurer enfin un nouveau code civil, qui a jeté les bases du système législatif que nous connaissons aujourd’hui sur nos terres.
Malgré les injonctions de Darken, je refusai toutefois de tenter un rapprochement avec la Normandie, craignant une trahison de leur part. Jusqu'au jour où une délégation normande, comprenant leur duc et ses plus importants conseillers, arriva à Bertincourt.

Nous discutâmes un moment d'un éventuel accord entre la Normandie et l’Artois, tentant toutefois d'éviter autant que possible la délicate question de la confuse situation de Dieppe.

Je fus contraint de m'absenter à la tombée de la nuit et de retourner à Arras, laissant CharlesMauriceDeT., devenu Commissaire au commerce, continuer les négociations.

Je ne sais pas très bien ce qui est arrivé alors à Bertincourt, mais
toujours est-il que la première chose que l'on apprit à mon réveil fut que la ville était tombée entre les mains des Normands qui l'avait prise d'assaut durant la nuit, bafouant ainsi toutes les règles de la diplomatie et de l'hospitalité.

Se fut la troisième guerre artéso-normande. Malheureusement, comme si cela ne suffisait pas, l'anarchie a en plus pris place en Artois à la suite d'une nouvelle trahison de mon ancienne épouse Tsarine, qui pensant bien faire, révéla des informations soit disant compromettantes mais erronées à mon sujet. Se servant de cette excuse, CharlesMauriceDeT. tenta de me renverser mais je tins bon. Calais tenta également, sans réussir toutefois, de faire sécession, mais nous pûmes tout de même reprendre Bertincourt assez rapidement.

A ce moment, afin d'éviter de faire couler de nouveau le sang, je signai un cessez-le-feu avec Phooka, duc de Normandie, et graciai tous les Normands ayant pris part à l'attaque de l'Artois. Malheureusement, les troubles intérieurs continuèrent, et au moment où la situation commençait enfin à se calmer, Charles Maurice de Talleyrand, dans un ultime coup d'éclat, réussit à envahir avec son complice, Raoul d'Andrésy, le château de Rouen, assassinant par là même le duc Phooka, et provoquant une nouvelle guerre artésonormande.

Nous étions au début du mois de mai : à l’heure où la nature faisait resplendir sa renaissance, nous allions encore une fois faire resplendir la destruction.

Je voulus alors le faire juger pour trahison après m'être assuré du soutien du Conseil — grâce à l’opposition — car il avait agi seul et contrairement aux intérêts de l’Artois, mais au moment où je m’apprêtai à intimer l ‘ordre d’instruction au Procureur, Darken se proclama Comte d’Artois. Je reçus le soutien du Roy Lévan III, mais ce qui suivit alors fut très confus.

Après une longue bataille, les Normands furent vaincus et Raoul d’Andrésy, devenu Duc par coup d’État, déclara allégeance à l'Artois. Seulement, le Roy intervint rapidement et le bouta hors de Rouen. Dieppe fut alors rendue à la Normandie grâce à un document contresigné par Darken et moi-même et ce fut la fin de ce mouvementé mandat.

Je quittai la politique pour un temps et la NAA remporta les élections, Tsarine devenant ainsi Comtesse grâce au soutien des diplomates après douze jours de pourparlers.

Malheureusement son mandat fut, en toute objectivité, assez négatif, peut-être à cause d'une opposition très virulente de l'UPDA, héritière de la Lys en Artois — sous la direction de Darken, et ce malgré la signature d'un traité de concorde avec la Champagne. Les Flandres grondèrent de nouveau, réclamant une indépendance qu'ils n'ont d'ailleurs toujours pas acquise à ce jour. Maintenant la NAA a perdu beaucoup de son influence depuis que sa meneuse, Tsarine, est partie en Champagne convoler en justes noces avec Caedes, leur duc éternel.

Et Luzifer est toujours ici au pouvoir malgré notre première défaite dans une guerre, face à la Champagne cette fois. Dépecé de Compiègne il y a quelques jours, bientôt amputé des Flandres d’après mes sources, jadis délesté de Dieppe, que restera-t-il de l’Artois dans les générations futures ?

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Jeu 28 Sep - 23:55

L'impartial Rolland a écrit :

Les premières élections ducales de Champagne

ou la Naissance du PARS




La naissance de la Champagne


Les villages qui constituent aujourd’hui la Champagne appartenaient autrefois, en partie, au Comté d’Artois sous la souveraineté de Lévan II. Mais au plus, les villages se créaient et au plus les volontés de s’émanciper de la tutelle artésienne se faisaient sentir dans la population.

Les souhaits de la population furent assouvis le 21 décembre 1451 et le Comte Lévan II d’Artois accepta la scission de ces terres sous la pression du nouveau Duc de Champagne LongJohnSilver.

Celui-ci fit pourvoir les postes de l’administration ducale de Champagne et on trouvait dans ce conseil Alsbo dit Le Grand à la fonction de Prévôt, Dame Lecouscous à la fonction de Procureur, et d’autres personnalités comme Kay, Capitaine de Champagne ou Prothas à la fonction de Connétable.

La mainmise du Duc LongJohnSilver ne devait qu’être temporaire et la terre de Champagne devait pour la première fois dans l’histoire du Royaume accueillir des élections ducales.

La liste ‘Ensemble, Bâtissons la Champagne’ ou l’ancêtre du Pars

Le Sieur Caedes avait émis l’idée de créer une Assemblée Législative qui aurait pour objectif de doter la Champagne d’un texte de lois complet. Ce fut chose faite le 5 janvier 1451, date à laquelle le Sieur Caedes, désigné Président de la Commission Législative et Constituante de Champagne par le Duc de Champagne prononça l’ouverture des travaux.

Cette Assemblée Législative produisit ce qu’on a appelé depuis le Codex de Champagne, ouvrage complexe et souvent raillé pour sa longueur mais fort usité par les juges des différents duchés en guise d’exemple. Pour les puristes et les historiens, vous trouverez dans ce placard, le texte tel qu’il fut remis au Duc de Champagne le 13 janvier 1451 soit 8 jours après le début des travaux, un record pour un travail de cette qualité.

Ce travail fut également l’occasion pour un certain nombre de participants de se reconnaître des idéaux communs et naquit en eux la volonté de mettre sur pied une liste pour les élections ducales approchant sous la bannière du Sieur Caedes. Après plusieurs essais infructueux, ils décidèrent, sur l’initiative notamment de Sat et de Bobbysix, de nommer leur liste ‘Ensemble, Bâtissons la Champagne’.


La Première campagne de Champagne
Les forces en présence

Lors de ces premières élections ducales, trois listes étaient en concurrence : la liste ‘Ensemble, Bâtissons la Champagne’ dont nous venons de voir les membres, la liste ‘Servons la Champagne’ composée de Korbn, Alsbo, Seeman, Prothas, Goel, Adgy, Kay, Benjy, Lecouscous, Kirika, Maya, Biquette, et enfin, la liste ‘La Force Tranquillou’.

La liste ‘Servons la Champagne’ était composé de Patriciens, groupe politique le plus ancien du Royaume et dont on peut encore apercevoir les ruines sur le forum des Royaumes, et d’un indépendant, Korbn, tête de liste à trois têtes. A ces membres, s’ajoutait un membre de la Lys, Goël, selon des accords passés entre les deux groupes : un membre Lys devait être présenté dans une liste Patricienne en Champagne tandis qu’un membre Patricien devait être présenté dans une liste Lys en Artois, ce fut en l’occurrence Knightingale qui s’y colla.
Cette liste jouait sur son réseau de connaissance et sur le fait qu’elle était composée de membres illustres du Royaume à l’époque des faits. Leur programme n’était pas très riche et selon leurs dires propres, ils se réservaient le droit de l’améliorer et de le changer au cours de la campagne.

La liste ‘La Force Tranquillou’ était une liste sans prétentions aucunes, rassemblant quelques anciens repris de justice comme DonCorleone et n’ayant comme seul atout majeur d’avoir en leur sein le Duc sortant, LongJohnSilver.
Leur liste au total comptait en ses rangs : Scpar, DonCorleone, Sky, LongJohnSilver, Engels, Marx, Sanka, R2D2, Arnolf_jf, Fix, TheGnorf, Lucifer.


La liste ‘Ensemble, Bâtissons la Champagne’ était composée de Caedes,
Bobbysix, Sat, Rolland, Marcus, Mbouroch, MUF, Xaran, Scinarf, Magemax, Breizh et Jarkov .
Cette liste eut le mérite d’avoir été la première à proposer un programme électoral complet dès l’ouverture du scrutin. On se souviendra particulièrement des propositions de foire inter-comtale, des propositions en terme de justice basé surtout sur le travail de l’Assemblée Législative, mais aussi du plan économique du regretté Sat. Celui-ci avait mis au point une vision dirigiste de l’économie visant à réduire le prix des denrées tout en égalisant les revenus entre éleveurs et cultivateurs (avec néanmoins un léger avantage aux éleveurs). Ce plan d’action n’a jamais pu être mis en place car tous les prix ne sont pas encore libéralisés mais il a entraîné d’importantes discussions au-delà même de la Champagne et on se souviendra des débats animés entre Sat et CharlesMauriceDeT. Pour la Lys.
Du côté de cette liste, on notera la présence également de votre serviteur, Rolland, qui était également à l’époque Lys. Ce détail aura dans le futur son importance, les listes Patricienne et Parsienne se battant pour avoir le soutien du lys, force politique ayant alors le vent en poupe.





Le déroulement de la campagne

Comme nous venons de le dire, il apparaissait que la victoire devait des jouer entre la liste menée par Korbn et celle menée par Caedes tandis que la liste dirigée par Scpar ne devait prétendre qu’aux miettes du scrutin.
Les deux principales forces se disputaient chacune des voix champenoises mais aussi le soutien de la Lys, parti alors nouveau et surtout artésien. En vertu des accords entre Patricien et Lys, Goël, fondateur Lys aux côtés de CharlesMaurice et de Raoul, était sur la liste Patricienne. Cependant, votre serviteur, partisan Lys et proche de CharlesMaurice, le convainquit de reconsidérer sa position devant le manque de programme évident des patriciens.
Dans des tractations secrètes, le chef de la Lys prononça ses mots :
CharlesMaurice a écrit:
Cela me convient tout à fait. Sitôt le Tribun de la Plèbe cité dans votre programme je posterai mon soutien sur votre site, et à la Gargotte Champenoise... Là, je me placerais comme un intervenant extérieur qui veut faire avancer le débat. De fait, j'interpellerai les Patriciens sur leur programme, or comme il n'en ont pas, ils se trouveront dans une difficulté bien plus grande que si j'adhère à vos thèse nominalement et sans implication...

En Artois le "Protecteur du Peuple" se nomme "Commissaire du Peuple" mais c'est la un point de pur détail sans aucune importance quant à nos relations.
À notre alliance et au Tribun de la Plèbe !
Ainsi, le gardien du peuple fut inscrit au programme de la liste ‘Ensemble, bâtissons la Champagne’ pour bénéficier de l’appui de la Lys. Mais dans le même temps, le Lys Goël tentait de faire débattre du rôle du tribun dans le programme Patricien pour préserver sa légitimité.
Autre fait marquant, l’affaire Radio Bouchon : dans cette histoire, Goël interrogeait la tête de liste Korbn, sous couvert d’une interview journalistique, et tentait, dans une stratégie de communication évidente, de valoriser le programme Patricien. Bien sur, les adversaires se révoltèrent criant à la nécessité de l’impartialité du journalisme et au complot. Mais rien n’y fut et cette interview restera dans les annales comme la première interview politique lors d’une campagne électorale, l’histoire ne dit pas si elle a fait gagné des voix aux Patriciens.
Enfin, il faut noter que sous l’impulsion des Patriciens, le projet d’Agora fut imaginé. Ce projet déposé par Korbn fut en vérité inventé par Goël qui, ici encore, ne respectait pas les consignes de la Lys lors de la campagne demandant la non-participation active de ces membres pour éviter le déchirement.
Nous assistâmes à une campagne courtoise mais animée, où nombre de questions furent posées et nombre de réponses données mais la lutte devait se jouer entre deux listes, c’était l’impression que la campagne avait laissée.

Le résultat des élections

Au petit matin du 28 janvier 1451, les résultats tombèrent à l’AAP :
1. "Servons la Champagne, liste soutenue par" (SLC) : 41.4% -->5 sièges
2. "Ensemble, Bâtissons la Champagne!" (BatissonsLaChampagne) : 32.4% -->4 sièges
3. "Champagne, la force tranquillou" (LaForceTranquillou) : 26.2% -->3 sièges
Le conseil était donc ainsi formé :
Korbn, Alsbo.le.Grand, Seeman, Prothas, Caedes, Bobbysix, Sat, Scpar, Sky, Doncorleone, Goel, Rolland.
Aucune liste n’avait obtenu la majorité absolue et ne pouvait diriger seul, les alliances seraient donc nécessaires.
Pour le premier tour de l’élection du Duc, les résultats furent normaux et on dénombra 5 voix pour Korbn, 4 pour Caedes et 3 pour Scpar, celui-ci fut donc éliminé, restant en course Korbn et Caedes.
La Lys organisa au sein de sa loge secrète un vote qui devait désigner qui entre Korbn et Caedes aurait les voix des deux élus Lys du Conseil. A 66% contre 33%, c’est Korbn qui remporta le vote. Cependant, votre serviteur, Rolland, certain d’avoir fait le bon choix en ayant choisi Caedes, émis l’hypothèse de ne pas suivre la directive du parti malgré les menaces de radiation.
Korbn fut ainsi obligé de négocier des postes avec la Force Tranquillou qui avait un rôle d’arbitre dans ce second tour.
La Force Tranquillou vota ainsi Korbn tandis qu’officiellement 3 voix se portèrent sur Caedes et Rolland s’abstint. Officieusement, l’on sait que son bulletin portait la mention Caedes mais après avoir intercédé auprès du Roy, ce vote fut annulé devant la défaite annoncée.
De ce scrutin, il est ressorti une victoire des Patriciens quelque peu masqué par le semi-échec de n’avoir pas remporté plus de 50% des voix. D‘autre part, il est apparu qu’avec quelques connaissances, des personnes célèbres et peu d’idées, on pouvait néanmoins réunir 20% des voix et obtenir 3 sièges au conseil. Enfin, de ces premières élections, est apparu une équipe qui ne devait pas se désunir et qui devait même formé un groupe politique toujours d’actualité : le Pars.

On soulignera également, que le premier conseil ainsi formé, accompli un travail d’équipe remarquable malgré les dissensions qui avaient pu apparaître pendant la campagne. J’ai, personnellement, en tant que juge, beaucoup apprécié de travailler avec Prothas alors Prévôt ou Alsbo alors Connétable dans la désormais célèbre Caserne de Champagne.


D’une liste à un parti

La défaite plutôt de ruiner les espoirs des membres de la liste ‘Ensemble, Bâtissons la Champagne’ les convainquit qu’ils devaient s’armer de patience et s’organiser en une véritable entité pour un jour parvenir à gagner les prochaines élections ducales.
La décision de se constituer en parti politique fut prise à 100% des votants mais il fallait désormais définir le cadre de cette nouvelle institution. La première difficulté porta sur le nom à donner mais écoutons les propositions de notre ami Bobby l’Indien :
Le MST (mouvement solidaire de transformation)
Le PROUT (Parti reformateur, organise et uni des travailleurs)
L'ERPES (ensemble reformateur des partisans d'une economie sociale)
L'OCRE (organisation champenoise des realisations entreprenantes)
Le PIPI (Parti independant des propositions innovantes). Vous voyez ce à quoi vous avez échappé ! En digne concurrent, Jarkov n’était pas si mal placé également :
Le PD : parti démocrate
Ou alors les PEDAL : Parti de l'Economie Dirigée et Aimables Libéraux.
On pourrait penser aux PAILLARD : Parti de l'Alliance des Intellectuels Libertains et Libéraux , Ardents Repoussoirs de la Dictature.
Il y a également le PC : Phallocrates Celtes Ou la DDR : Défense Droits Républicains.
Et dire que le Viens, nous accuse aujourd’hui d’être trop sérieux !
Après moult votes et propositions, Breizh, notre latiniste hors pair, nous proposa le Pars signifiant Parti en latin. C’est aujourd’hui l’acronyme bien connu du Parti pour l’Action et la Réforme de la Société.
Ayant résolu ce casse-tête du nom, il convenait d’adopter des statuts conformes aux idéaux que porte le Pars à savoir la participation de tous et le respect du droit. Ainsi, toutes les procédures d’admission, de direction sont définies.
Synthétiquement, le Pars élit chaque mois un collège de sept membres parmi ces membres qui forment le Conseil d’Administration, ce Conseil a toute latitude pour insuffler au parti le souffle dont il a besoin. C’est lui qui a autorité pour voter les projets, c’est également lui qui vote l’admission des membres et désigne le Secrétaire Général en son sein.
Le Secrétaire Général est la figure du parti, celui qui le représente et qui l’anime. C’est aussi celui qui reçoit les lettres de motivation des candidats à l’adhésion et les soumet au Conseil d’Administration.
Au jour d’aujourd’hui, le Conseil d’Administration est formé de Andom, Caedes, Cesars, Krocodile, Michel, Ricoh et de Juju également désigné Secrétaire Général à la suite de Sat et Alsbo.
N’oublions pas la devise du Pars : Faisons entrer les Royaumes dans la Renaissance !
Ou l’aventure de 12 hommes et femmes pour une élection qui se transforme en un parti toujours présent et ayant montré toute ses capacités dans les nombreux duchés auxquels il participe.



Rolland

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Jeu 28 Sep - 23:58

L'indien Bobbysix a écrit :

De l’application du Codex en Champagne sous la direction du premier conseil élu de France


I] Petit rappel de la situation

Lorsque les nouveaux conseillers, fraîchement élus et assignés à leur tâche respective, rentrent dans la salle du conseil pour la première fois, c’est dans un triste état qu’ils trouvent la Champagne, et tout particulièrement au niveau juridique. Souvenons-nous.
La Champagne n’est plus sous l’autorité directe du Roy de France depuis déjà quelques temps, et des conseillers temporaires ont été nommés pour assurer les tâches vitales jusqu’à l’élection. Si certains s’acquittent honnêtement de leurs obligations, on ne peut en dire autant de tout le monde. La procure est le domaine le plus touché. Abandonnée au dénommé Lecouscous, plus aucune affaire n’est traitée depuis le début de la campagne électorale sous prétexte d’indépendance puisque Lecouscous est présent sur l’une des listes en compétition. Autrement dit, avec un rouage manquant, c’est toute la justice champenoise déjà fragile qui s’écroule, et la Champagne devient une région de non droit où les criminels évoluent en toute impunité. Cette situation arrive à son comble lorsque le Roy de France décide de gracier tous les accusés. D’aucun prétende que ce fut une manœuvre pour étouffer une grave affaire de spéculation dans laquelle était impliqué le sieur Ghet, personnage influent à l’époque, et ami intime du Roy. Quoi qu’il en soit, l’anarchie règne, la mafia est aux commandes et le népotisme est la règle.
C’est donc un sacré défi que la nouvelle équipe va avoir à relever. Alsbo le connétable, Prothas le prévôt, Rolland le juge et Bobbysix le procureur seront-ils à la hauteur ?

II] Quoi c’est donc le codex ?

Le codex, qui deviendra l’arme la plus efficace pour ramener paix et amour en Champagne de la branche juridique du conseil – branche juridique qu’on évoque encore aujourd’hui comme « Les 4 Fantastiques » –, n’est pas tombé du ciel. Ce fut le fruit d’un long processus législatif au sein de la fort bien nommée Assemblée Législative, orchestrée par Caedes, lui aussi membre du conseil au poste de faiseur de café, et éventuellement apporteur de petits croissants chauds le matin, et de quelques autres personnalités dont le juge Rolland. Pour le résumer rapidement, le codex est constitué de la constitution Champenoise, c’est-à-dire qu’il explique le fonctionnement des relations entre les divers centres de pouvoir, et les lois de Champagne décrivant les crimes et délits, ainsi que les peines associées.
L’adoption du codex fut une des premières mesures, sinon la première mesure, prise par le conseil. Il fut adopté à l’unanimité ou presque, puisque avec le premier conseil élu apparurent les premiers conseillers fantômes, autrement dit ces conseillers qui, une fois élus, ne mettent pas le pied au conseil (aaaah la force tranquillou…). Il est à noter cependant que même Goel, pourtant habituellement toujours très contrariant et contrarié (il fut d’ailleurs le premier conseiller démissionnaire) vota pour le codex. C’est dire si le document est de qualité.

III] Première affaire, première frustration

Le besoin de codex en Champagne se fit sentir dès le premier dossier : l’affaire Lenuki69. Rappelons les faits. Au lendemain de l’élection, un dénommé Lenuki69 envoie à tous les membres du conseil un courrier expliquant qu’il avait voté pour eux et qu’en retour il ne cracherait pas sur un peu de confiance. Clairement, il prenait les conseillers pour des truffes. Mais c’était sans compter la sagacité de l’astucieux procureur (le quatrième Fantastique, pour mémoire) qui repéra au ton de la missive un de ces courriers qu’on envoie à tout le monde, et qui ont donc un ton parfaitement impersonnel. Une vérification de l’état civil du personnage et une concertation avec les autres conseillers plus tard, le coquin était démasqué. En suivit donc un démarrage de procès en grande pompe avec témoins et preuve à l’appui, tout ça mené de main de maître, avant même le codex voté. Et là, ce fut le drame.
Le troisième Fantastique, alias le juge Rolland, statua que sans loi écrite et reconnue (le codex n’étant pas encore voté), il n’avait pas de base légale pour condamner l’accusé (pourtant 1000 fois coupable) et relâcha dans la nature ce dangereux terroriste. C’est ce jour là que le juge gagna sa réputation de mou à la caserne – là où les 4 Fantastiques se retrouvaient pour deviser sur le droit, la justice, et le bien du monde. Depuis, ses amis l’appelle ramollo, et ses ennemis la fiotte. Rien n’était pardonné à l’époque en Champagne.

IV] Et la routine s’installe…

Il ne fallut pas longtemps aux responsables du bras armé de la justice, Alsbo et Prothas, pour mettre en place un réseau d’yeux, d’oreilles et de lieutenants de police à travers toute la Champagne. De plus, la nature humaine étant ainsi faite, les dénonciations abondaient. Le tribunal tournait donc à plein régime, et dans les couloirs du palais, on entendait les demandes de peine capitale du procureur auxquelles répondaient les molles condamnations du juge. Les affaires se ressemblaient, d’esclavage en spéculation, et encore d’esclavage. Rapidement, le paysage de la Champagne fut plus calme, et les raclures allaient se faire pendre ailleurs (en Artois, principalement, puisqu’en Normandie on ne les pend pas, on les élit).
Evoquons toutefois un ou deux dossiers qui nous font toujours rire au coin du feu. D’abord une affaire de spéculation où le tribunal de Champagne fut pris d’assaut par le virulent Coacharno et la furieuse Pouerk (Charybde et Scylla, pour les intimes). Ceux-ci avaient en effet pris sur le fait un malheureux dont le crime était d’avoir acheté une paire de miches à 7,80 la miche et d’avoir voulu les revendre à l’insupportable prix de 7,90. Ce fut donc épique, et l’une des rares fois où le procureur et le juge tombèrent d’accord sur la peine d’un écu symbolique, pendant que les deux plaignants réclamait le bûcher, le pal, et plus si affinité.
Un autre dossier mémorable fut celui de Pierreleboss, condamné une première fois pour avoir insulté à tire-larigot dans une taverne. Il décida de menacer et d’insulter le procureur pendant son procès, ce qui lui en valut un deuxième, au cours duquel il s’en prit au juge, ce qui lui valut un troisième procès et une troisième condamnation. Et c’est avec grand plaisir que nous le retrouvions quelque jour plus tard pour une sombre affaire de sorcellerie… Aaaah nostalgie quand tu nous tiens.

V] L’affaire Cmoi

L’affaire Cmoi secoua tout le royaume. Resituons avant tout le sinistre personnage qu’était Cmoi. Officiellement marchand ambulant il était à la tête d’une fantastique fortune. De cet argent, il se servait pour acheter en grande quantité sur les foires des marchandises qu’il allait ensuite revendre aux mairies. Celles-ci, étant donné leurs obligations de rachat, n’avaient d’autre choix que de payer, et e retrouvaient donc avec des comptes plus bas que terre. Il n’a pas fallu longtemps pour que des maires montent aux créneaux, Charybde et Scylla en tête, bientôt rejoints par toute la populace, outrée de ce comportement. Le problème, c’est que légalement, il n’avait rien fait de mal. Le Roy lui-même dut intervenir pour prendre sa défense face à une foule armée de piques et de torches. Néanmoins, le conseil de Champagne se devait d’intervenir pour protéger les villages et empêcher ce pillage systématique des caisses communales. Ce fut ce jour-là que le codex prit toute son ampleur. En effet, le procureur parvint à monter une talentueuse plaidoirie en s’appuyant sur de nombreuses subtilités du codex, et était prêt à mettre Cmoi en accusation sous le motif de haute trahison (à ne sortir que pour les grandes occasions, celui-là).
Mais Cmoi eut vent de ce qu’il se passait, et connaissant l’efficacité de la justice champenoise, il prit la fuite et se garda bien de ne jamais revenir en Champagne. Il ne fut d’ailleurs jamais condamné puisque aucune des autres provinces du royaume de France n’était aussi bien équipée juridiquement que la Champagne. L’affaire fut définitivement close lorsque le Roy de France découvrit l’origine de la prodigieuse fortune de Cmoi. L’individu était en effet à la tête d’un vaste trafic de bœufs (c’est pourtant pas facile à trafiquer, un bœuf) en bande organisée. Il fut donc exécuté manu militari, après avoir subi les quelques supplices qu’on impose dans ces cas-là. Beaucoup de ses complices périrent aussi, mais quelques uns ont survécu, Valdy étant peut-être le dernier d’entre eux.

VI] Que sont-ils devenus ?

La Champagne ne vécut pas d’autres tourments notoires, protégée comme elle l’était par son codex, et le mandat du premier conseil élu de Champagne toucha à sa fin dans le calme. Alsbo resta en Champagne, mais retourna sa veste de patriciens pour passer un blouson du PARS. Il est connétable de Champagne à répétition depuis ce premier mandat. Prothas fut élu Duc de Bourgogne, mais son mandat fut un fiasco. Il a depuis tourné le dos à la politique. On le dit maintenant alcoolique et il gagnerait sa vie en se produisant dans les foires avec le groupe de troubadours Alliage. Rolland resta un temps juge en Champagne puis eut d’autres ambitions et fut nommé Duc intérimaire en Touraine. Elu à ce même poste, il le quitta il y a peu en ayant manqué de justesse de déclencher une guerre entre la Touraine et l’Anjou. Il se serait depuis retourné en Champagne. Quant à Bobbysix, lui, il est juste resté cool.

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Jeu 28 Sep - 23:59

Le prodigieux Breizh a écrit :

Le grand Varennes, ou le village le plus chaleureux du Royaume

Breizh s’avance.

Certains se demandent peut-être pourquoi je précise « Ex-Varennois » lorsque l’on me demande d’où je viens. Ceci signifie plus que « j’y ai vécu avant », car j’ai connu plus que deux villages. Mais il fut un temps où habiter Varennes était un art de vivre, où Varennes respirait la joie de vivre. Peu de gens se souviennent de cette période lointaine, mais ceux qui l’ont connu réserveront toujours j’en suis sur une place à part à cette période.

Il reprend ça respiration.

Replaçons-nous il y a bien longtemps, en octobre 1450. La Guerre de 100 ans contre les Anglais fait rage encore, et l’Artois, seul, est encore derrière le Roy. La Province ne compte à l’époque que deux villages, qui seront plus tard cédés à la Champagne : Sainte-Menehoulde et Clermont. Devant la croissance démographique du Comté, il est ordonné la création d’un nouveau village, ce sera Varennes.

Un certain nombre d’Artésiens part à l’aventure. Nous trouvons alors parmis les pionniers de l’époque : Biquette, Kirika, Korbn, Seeman, Nathan, moi-même… Personnages aujourd’hui plus au moins connus. La situation est dure, tout est à construire, et les Varennois le savent, cependant ils sont fiers et décidés. La vie s’installe donc, pour le meilleur et pour le pire, mais surtout pour le meilleur. Il fait bon vivre, et malgré le froid de l’hiver qui arrive, la Taverne est l’endroit le plus chaleureux du Royaume, la bière généreusement offerte aux villageois y coule à flot.

Comme le reste du Comté, Varennes profite de l’élan démocratique qui parcourt les fidèles à la Couronne de France à la fin de la Guerre. Les premières élections pour la Mairie ont lieu, parmis les premières de l’histoire du Royaume ! C’est Korbn qui fut choisi par ses compagnons pour assumer ce poste. Il sera d’ailleurs réélu à sa succession, suivi de Seeman, puis Kirika, la Tavernière avec un grand T (oui, elle mérite largement sa majuscule). Bref, la vie s’installe petit à petit et prend forme.

Varennes voit l’agrandissement du Royaume de France, et la multiplication des nouveaux villages : liste de villages… Ainsi que la scission Artois/Champagne. Après des années d’occupation, l’Armée d’Artois bat en retraite, c’est la libération. Sous l’impulsion de Caedes, l’Assemblée Constituante, tenue par et pour les Champenois, est crée, afin de fournir des lois à la nouvelle Province. Toujours dans le mouvement de libéralisation démocratique, la Champagne se dote de son propre Conseil élu par le peuple. C’est d’ailleurs à cette occasion que la liste « Ensemble, bâtissons la Champagne » emmenée par le même Caedes, précurseur du PARS, fera ses premiers pas.

Ceci est le thème de la conférence tenue par Rolland, que je vous invite à suivre.

Mais achevons notre rétrospective. Le Royaume s’agrandit encore et encore, par la Normandie, la Bretagne, puis la Bourgogne… Les Varennois, partent alors chacun leur tour vers de nouveaux horizons. Le village se vide peu à peu de ses habitants, qui partent à la conquête de nouvelles régions. Maintenant le Royaume de France est bien grand, mais il arrive encore de croiser un des « anciens » sur les routes, et de parler de cette lointaine époque, aujourd’hui révolue, mais dont le cœur bat encore dans tous les villages qui respirent la joie de vivre.

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Ven 29 Sep - 0:13

Le chevaleresque Knightingale a écrit :

Le crépuscule des Patriciens, l’aube du PARS : histoire des premières ducales bourguignonnes et du gouvernement Prothas, par Knightingale

Tome 1 : Les premières élections ducales en Bourgogne.

Le Roy de France, Lévan III, n'avait encore conquis que l'Artois, la Champagne, la Normandie et la Bretagne. C'est en ces jours paisibles que le duché de Champagne décida de faire sécession par les urnes avec la Bourgogne.

Les élections étaient prévues pour le début du mois d'avril et, pour assurer la vacance du pouvoir, le Roy avait de fidèles hommes de main aux postes clés du duché: Goel, le fier homme de la Lys, était Duc; Cardinal, l'homme du PARS, fut nommé Commissaire au Commerce; Sieur, Biquette, du VIENS, dut assurer les charges de la procure; Prothas de Nailly, lui aussi du PARS, reprenait les fonctions à la prévôté qu'il conduisait en Champagne. Enfin, Mllelafée, était nommée Connétable du duché de Bourgogne, et Volpone, qui allait devenir duc du Berry, devait rendre la justice.

Ce fut contre ce conseil intérimaire que durent lutter les vaillants hommes qui prirent part à la première ducale en Bourgogne. Le duel auquel tout le monde eût pu s'attendre eût pu se cristalliser autour de la Lys et des Patriciens, qui s'opposaient déjà en Champagne et en Artois, même si, il est vrai, un consensus général donnait la Champagne aux Patriciens tandis que l'Artois échoyait à la Lys. Pourtant, la lutte électorale allait se recentrer ailleurs.

En effet, les Patriciens mutèrent profondément à l'apparition de la Bourgogne: le parti ne parvenait plus à recruter de nouveaux membres pour gonfler ses rangs. Il gardait certes toute son influence, mais il lui fallait se transformer pour perdurer. Et ce fut la rupture.

Des quatre membres fondateurs, un seul décida de se retirer de la vie politique, Kay. D'aucuns disent que c'est lui qui, par l'annonce de sa retraite politique, précipita la chute des Patriciens depuis le sommet jusqu'à la base. Les trois autres infléchirent leur parcours politique vers deux nouvelles formations: le PARS et le VIENS.

Alsbo, dit le Grand, rejoignit le PARS, une formation qui regroupait la plupart des membres qui s'opposèrent lors de la première élection ducale en Champagne, à savoir d'anciens Patriciens, et la liste « Ensemble, bâtissons la Champagne », avec le duc Caedes — qui venait d'être élu pour la première fois à l'époque, Bobbysix, Rolland, entre autres. Dans son sillage, nombre de Patriciens le suivirent: Volpone, Prothas, et moi-même, entre autres.

Seeman et Ghet, les deux autres membres fondateurs des Patriciens, fondèrent le VIENS, pour rompre avec la ligne politique du PARS, qui ne fut jamais très différente de celle des Patriciens. Ils gonflèrent leurs rangs avec d'anciens hommes politiques en lutte de longue date avec les Patriciens, comme Goel, le duc intérimaire, ou Biquette. Ils réussirent également à recruter de jeunes loups auxquels ils devaient bientôt tout apprendre.

Et c'est ainsi que la course commença: il fallait monter une liste le plus rapidement possible, la meilleure qui soit: il fallait donc pour cela recruter. Parmi tous les villages que comptait la Bourgogne, la chose fut rapidement menée pour le PARS. Et c'est ainsi que le 24 mars, peu après midi, le Conseil d'Administration du PARS vota en interne la liste pour les ducales d'avril. Elle se nomma « Un grand cru pour la Bourgogne » et composait comme suit:

1-Prothas
2-Cardinal
3-Knightingale
4-Breizh
5-Mysouris
6-Volpone
7-Juju
8-Hebus
9-Andom
10-Matheus07
11-Pouerk
12-psy4v10

A posteriori, je me rends compte ô combien cette liste comptait de noms précieux : des douze noms présents sur la liste en Bourgogne, seuls quelques-uns n'ont pas trouvé leur voie dans la politique. Les autres sont devenus ducs, tels Volpone ou JuJu ; d’autres ont continués dans les Conseils ducaux, tels Breizh ou Pouerk ; d’autres sont devenus maires…

En face, le VIENS présentait une liste où Ghet montrait ses velléités sur la couronne ducale. S’ensuivit alors une campagne féroce, où le duc intérimaire Goel fut sévèrement critiqué.

Finalement, le 2 avril, le scrutin fut remporté par le PARS, avec 40,2% des suffrages, contre 27,7% pour le VIENS. Deux autres listes parvinrent à envoyer certains de leurs membres au Conseil : la liste MPA, menée par Coacharno et Estevan, avec 16,3% des suffrages, et la liste LBF, menée par Dame Lecouscous, avec 15,3% des suffrages. Estevan, avec 16,3% des suffrages, et la liste LBF, menée par Lecouscous, avec 15,2%
des suffrages.

Après le traditionnel vote interne pour désigner le duc, Prothas fut élu, et nomma son conseil le 8 avril, après avoir prêté serment au roi. Il se composait comme suit:
1. Duc : Prothas (PARS)
2. Commissaire au Commerce : Mysouris (PARS)
3. Procureur : Lecouscous (LBF)
4. Prévôt des Maréchaux : Estevan (MPA)
5. Connétable : Biquette (VIENS)
6. Porte parole : Breizh (PARS)
7. Bailli : Ghet (VIENS)
8. Capitaine : Knightingale (PARS)
9. Juge : Cardinal (PARS)
10. Conseiller aux Affaires Civiles : Goel (VIENS)
11. Suppléant : Sanka (LBF)
12. Suppléant : Coacharno (MPA)

Tome 2 : Grandeur et décadence du gouvernement Prothas.

La qualité du conseil ducal formé pouvait laisser présager le meilleur pour la Bourgogne. Cependant, et malgré les efforts déployés par les conseillers ducaux, le bilan que l'on peut en tirer aujourd'hui fut en demi-teinte.

Je me souviens de l'enthousiasme des premiers jours, chacun vaquait à ses fonctions, tout le monde avait pris place dans le bureau qui lui échoyait, dans le magnifique château qu'avait fait édifier Goel à Dijon, et dont Prothas avait achevé la construction.

Aujourd'hui, après tous les ducs qui se sont succédé, et autant de rénovations et d'ajouts apportés, voici ce à quoi il ressemble aujourd'hui.
C'est finalement dans la première moitié de son mandat que le gouvernement Prothas fut le plus productif. Sous l'impulsion du duc, le gouvernement lança une série de mesures qui régissent encore le fonctionnement de la Bourgogne aujourd'hui. Le fonds législatif bourguignon est issu du mandat Prothas. Prothas créa également l'ambassade de Bourgogne, dans une aile du château de Dijon. Le rôle échut d'abord à Goel, puis à Arfax, plus récemment. Enfin, en tant que Capitaine, je créai le régiment de Bourgogne, sis à Guénelon.

L'on eût pu croire que ce fut une coopération sans faille qui fut à l'origine de ce qui a créé en partie la Bourgogne. Or, en interne, la réalité était tout autre. Le conseil souffrait d'actions individuelles. Chacun faisait son travail, certes, mais cela manquait de réelle coopération. Il a fallu également faire face, et c'est sans aucun doute ce qui a précipité le
conseil vers la paralysie, aux départs en retraite spirituelle, aux maladies. De mémoire, Estevan partit souvent se recueillir au monastère; Ghet jamais ne siégea au Conseil, et finalement partit sans laisser d'adresse. Breizh et Coacharno quittèrent leurs fonctions en cours de mandat pour d'autres contrées. Enfin, et c'est le plus grave, notre propre duc tomba malade pendant quelques jours, ce qui laissa le conseil dans une inquiétude sans précédent. Que devions-nous faire? Devait-il y avoir un duc régent?

Enfin, le conseil fut empêtré dans une affaire de malversation financière: notre Commissaire au Commerce, Mysouris, fut inquiétée pour avoir fait transiter des carcasses de vaches jusque dans la poche d'un marchand ducal du nom d’Elvenkings. Bien que bénigne, l'opération fut découverte du Roi qui lança une commission d'enquête, qui prouva l'innocence de Mysouris mais fit mauvaise presse au Conseil.

Et c'est ainsi qu'à l'approche des ducales de juin, le PARS se retrouva en première ligne. Alors que nous avions tiré à boulets rouges sur le bilan moyen de Goel, duc intérimaire, lors des premières ducales, nous fûmes la cible de toutes les critiques. Et c'est ainsi aussi que la campagne muta, non pas en une campagne constructive et relativement courtoise, comme elle eut lieu en avril, mais en un combat à fleurets non-mouchetés, avivé
par la révélation d'un trafic d'électeurs de la part du VIENS, qui fut jugulé très rapidement par le Roy.

Malgré le bilan moyen du gouvernement, Prothas avait tenu à remercier tous les conseillers qui avaient oeuvré pour la Bourgogne, en les anoblissant solennellement dans la cour du château de Dijon. Je me souviens encore de ce jour, j'étais si fier. Je suis sûr que si je me concentre, je peux me souvenir des paroles du duc:
« Dame Mysouris, épouse du Duc, et donc Duchesse de Bourgogne, résidera à Dijon.
« Dame Lecouscous se voit désignée Vicomtesse du Pays d’Arroux.
« Messire Ghet se voit confier la Vicomté de Chateauneuf.
« Messire Estevan est nommé Vicomte de Pontarlier.
« Sire Cardinal devient Baron de Nuits-Saint-Georges.
« La baronnie de Chablis est désormais fief de Sire Knightingale.
« Sire Breizh se voit nommé Baron des Barricades.
« Sire Goel, ayant refusé de perdre sa liberté de penser… Euh non, de voyager, est nommé Baron-sans-terre.
« Sire Biquette est nommé Baron de Beaune.
« Sieur Sanka, Baron de Châtillon.
« Enfin, Messire Coacharno est nommé Baron du Hainaut. »

Souvenez-vous que l'histoire se transmet: conservez précieusement, Bourguignons, ce que je vous ai conté, afin que les plus jeunes d'entre vous le puissiez conter à vos enfants...

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Ven 29 Sep - 0:14

Le beau Cardinal a écrit :

histoire de tonnerre

On a trouvé des traces d'habitations à Tonnerre datant d'il y a plus de mille cinq cent ans. À cette époque, des peuples celtes venus du nord décidèrent de s'installer dans la région, qui offrait de nombreux atouts naturels. L'emplacement permet non seulement d'assurer la sécurité, mais aussi la vie quotidienne, grâce notamment à l'eau claire et fraîche fournie en toutes saisons par la Fosse Dionne, mais aussi grâce au verger (on raconte qu'il est tellement abondant, qu'il suffit de se coucher un moment sous ses arbres après l'apéro, et on se réveille avec plusieurs fruits dans son panier).

À l'époque romaine, la ville était nommée Tornodurum (ville de Tornus). Mais le village tomba peu à peu dans l'oubli, avant de resurgir au début du XVème siècle et regagner ses lettres de noblesse sous le nom de Tonnerre. Depuis le village ne cesse de se développer et sa réputation grandit de jour en jour.

Particularité du village, ses premiers habitants décidèrent de construire la taverne municipale avant de bâtir l'église. On trouve d’ailleurs les noms de ces pionniers gravés sur les chaises de la taverne, parmi les plus connus, citons Djseven, Psy4v10, Gaal, Baeckoeffe, Lefromager, Bralic, Haigwepa, Dame_ned, BatX, Drittzzz, Fgerg ou encore Cardinal (désolé pour ceux dont le nom ne figure pas ici, vous savez ce que c’est la mémoire quand on vieillit…). C'est dans les nombreuses tavernes du village que se déroula le première fête de la bière en Bourgogne, sur l’initiative de Djseven, premier tavernier de tonnerre, et de Gaal.

Peu de temps après la construction de la taverne, le village alors peuplé principalement de vagabonds, vit arrivé d’Artois ou de Champagne nombre d’agriculteurs, qui apportèrent avec eux tout leur savoir-faire. Parmi eux figuraient Coacharno, qui devint le premier maire de Tonnerre, son frère Estevan, premier lieutenant de police du village, Valdy, qui devait s’en aller tenter sa chance ailleurs après avoir perdu les premières élections communales, Aioren, actuel maire de Tonnerre, MaterRoRo, troisième maire de Tonnerre, MacDo ou encore Tarn, notre boucher révolutionnaire qui osa se révolter contre Pouerk (désolé pour ceux dont le nom ne figure pas ici, vous savez ce que c’est la mémoire quand on vieillit…).

La prospérité et le développement du village doivent beaucoup à la politique sociale et intelligente menée par les premiers maires Coacharno d'abord pendant un mandat et Pouerk (jeune vagabonde arrivée à Tonnerre qui devint deuxième maire de Tonnerre, après avoir été tribun de la plèbe) ensuite pendant 3 mandats et demi. Pour beaucoup Tonnerre rime encore avec Pouerk. Ce fut elle notamment qui créa un espace de rencontre non-officiel pour les Tonnerrois (un forum annexe), elle qui aménagea le cadastre du village ou encore s’occupa de la première banque. Mais la politique menée par Pouerk ne plût pas à tout le monde et les relations qu’elle entretînt avec les autorités ducales furent parfois houleuses (ainsi qu’avec certains villageois, comme Tarn ou encore Italobadi). Agacée par la politique de certains conseillers ducaux, Pouerk démissionna de la mairie et s’exila loin de Tonnerre, emportant au passage avec elle les clés de la mairie et brûlant les registres du village (parmi les pertes figurent le cadastre tonnerrois, les premières éditions de l’écho de Tonnerre -premier journal régional du royaume- qui contenait notamment les fameuses chroniques du légendaire juge Lanidrac, les archives de l’agence matrimoniale et beaucoup d’autres documents).

Tonnerre dut élire un nouveau maire, ce fut MasterRoro, à qui succéda Jimm119. Malgré toute leur bonne volonté, ils ne parvinrent pas à retenir nombre d’artisans qui allèrent chercher fortune dans d’autres contrées. Mais autour de ces maires s’est formée une solide équipe de Tonnerrois, bien décidés à redonner vie au village qu’ils aiment tant et écrire encore de belles lignes dans l’histoire de Tonnerre.

Bien que pour beaucoup, comme je vous l’ai dit, Tonnerre rime avec Pouerk, pour moi Tonnerre rime avec Satine. Elle qui débarqua un soir d’hiver à la taverne municipale et sût enflammer le village, grâce à sa beauté, ses charmes, ses bouteilles de prune, ses petits déjeuners dans sa demeure ou encore ses adorables baffes.

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Ven 29 Sep - 0:15

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Ven 29 Sep - 0:16

Le colossal Archimbaud a écrit :

Le Duché d'Orléans

Six mois déjà. Cela fait six mois que le duché d'Orléans existe. Toute une vie pour certains, les deux tiers de mon existence.
J'ai passé ces six mois au conseil d'Orléans pour en être maintenant le duc.
Mais commençons par le début si vous le voulez bien.

La période de peuplement

Le duché d'Orléans a été déclaré ouvert à la colonisation par le fraichement oint Lévan III de France le 2 mars 1454.
Mu par mon désir de tirer un trait sur une partie de mon passé et par la volonté d'aider mon ami du PARS, Amro, j'ai rejoins deux jours après l'Orléanais, en la ville de Patay.
Amro a rapidement été nommé duc provisoire d'Orléans. Il constitua son conseil, s'entourant d'amis parmi lesquels Fauville et moi et de personnes semblant vouloir s'investir en Orléanais.
Ce conseil provisoire, malgré des déconvenues en les personnes de Caracala, capitaine et pilleur de Blois une fois élu et Danton, connétable suicidaire et maire de Montargis, fut une première réussite. Chacun donna de soi même pour monter à partir de rien les lois avec le coutumier, l'économie tant minier que des filières, l'organisation des maréchaux, la diplomatie et l'armée.
L'instabilité d'une région en peuplement n'a pas manqué de causer des problèmes. Blois a été reprise par Lefromager suite au pillage, Montargis a connu une révolte pour reprendre la mairie à un cadavre en la personne de Sandyparis et Gien, suite à la gestion sécuritaire désastreuse de Scoder fut renversée puis reprise par Fccasper.
Sans oublier bien sûr, les principaux intervenants de ces épisodes, les Orléanais qui ont sû très tôt se montrer actifs dans la volonté de ne pas laisser leurs villes à terre.
Cette période vit l'ouverture de services secrets Orléanais, organisés par [...] et [...] qui surveillaient activement le territoire à l'aide de leurs agents pour prévenir les révoltes en plus de la maréchaussée.
Nombreuses furent les révoltes évitées au cours de cette période.

Après les départs difficiles que tout duché en peuplement connait, manque de céréales pour le blé, déséquilibres miniers à compenser, la stabilité économique prenait forme. Les mines, les successions d'équilibres de filières, céréales puis bétail, les réflexions sur l'impôt.

Suivirent des débats électoraux mouvementés qui ne virent aucune liste avoir plus de trois électeurs. Amro, tête de liste du PARS, apparut alors comme pouvant unifier de nouveau le conseil. L'accent fut mis encore sur l'économie et la sécurité, deux bases essentielles au développement à long terme d'un duché.
La grande innovation économique de l'Orléanais fut sous l'impulsion du PARS local la création de l'impôt à long terme. L'impôt venait en priorité irriguer les marchés municipaux pour les fluidifier et réduire les marges municipales. Il permit une politique rigoureuse de faibles achats du duché, la mutuelle vit le jour.
L'acceptation des impôts, d'abord par les maires parfois réticents mais en s'accordant tous sur la nécessité de se dégager des marges de manoeuvres économiques, puis par les Orléanais ne fut pas de tout repos.
Mais la nécessité d'une forte intervention économique des collectivités et la confiance des Orléanais en leur dirigeant eurent raison des blocages.
Le système de mutuelle, permettant aux municipalités de centralisant leurs surstocks aux duché contre reconnaissance de dette, fut choisi pour dynamiser le duché en le poussant à exporter ces produits.

Puis vint la guerre et la fin du peuplement.

La guerre et jusqu'à maintenant

La guerre et la fin du peuplement vinrent à la même période. Amro, Fauville et Aléah, parmi tant d'autres prirent la direction de l'anjou comme la pairie l'avait demandé. Les combats ne furent que de brèves escarmouches et la guerre fut plutôt un ensemble d'armées se jaugeant de loin.
Pendant la guerre, le conseil tournait au ralenti mais la situation intérieure restait stable. Les troupes revinrent, ni victorieuses ni défaites.

La fin du peuplement permit un rajeunissement de la population orléanaise. Enfin allait commencer à se dessiner l'identité orléanaise, doucement, à son rythme.
L'économie restait prospère, les villages s'animaient les uns après les autres.
Fauville devint duc, le conseil restait en majorité PARSien et l'armée commençait à reprendre forme. La période fut troublée par des tensions qui revenaient perturber Blois. Fauville prit alors des mesures extrèmes pour retrouver une sécurité après une prise d'assaut de la mairie. Quatre personnes furent bannies d'Orléanais.

Nouvelles élections, nouvelle victoire du PARS qui obtenait cette fois la majorité absolue des sièges. Depuis ces élection, je suis duc d'Orléans.
La fin de règne de Fauville et le début du mien furent marqués par les absences estivales, tant dans les halles qu'au conseil.
L'accent fut cette fois mis sur l'armée, la diplomatie et la culture.
A l'image du PARS, l'Orléanais se développe certes doucement, mais avec une volonté de gérer au long terme.

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Ven 29 Sep - 0:17

Le beau Cardinal a écrit :

            L'histoire du VIENS ... grandeur et décadence


Genèse

Nous sommes en 1451. Toute le monde dans le paisible Royaume de France vit heureux ... tout le monde ? Non ! Un groupe d'irréductibles mécontents n'est pas heureux, ils veulent devenir calife à la place du calife. Et la vie n'est pas facile pour les honnêtes gens qui doivent les côtoyer.

Les principaux personnages de ce groupe sont l'insidieux Ghet, l'affable Biquette et le bon Goel. Ils décident de quitter leur lieu d'orgine respectif -leur avenir politique y étant compromis- pour s'installer en Bourgogne. Ce qui les irrite le plus, c'est de voir la Champagne prospérer. Ils jalousent la Champagne du grand Caedes et de ses gentils amis, dévoués pour le bien-être du peuple et la grandeur de la couronne. Il est à noter que cette jalousie perdurera tout au long de l'histoire du VIENS, bien qu'elle ne serait plus dirigée uniquement sur la Champagne, mais sur le PARS dans son ensemble.

Apprenant que le grand Caedes et ses amis avaient formé un parti politique -le PARS- pour continuer à oeuvrer pour le bien, nos trois amis -le bon, la brute et le truand- décidèrent d'en faire de même, craignant que sinon ils n'arriveraient jamais au pouvoir et pensant qu'alors leur vie serait vaine.

Etant peu instruits à l'époque, ils ne comprirent pas que le nom du PARS était un mot latin et crurent qu'il s'agissait de l'impératif du verbe partir. Ayant un sens de l'humour particulier, nos amis décidèrent alors de nommer leur parti VIENS. Ensuite ils tentèrent de donner une signification à cet acronyme, il en résulta : Vivre Intensément Et Non Soumis.

Contrairement au PARS, ils décidèrent d'abord de créer un parti avant de réfléchir à une quelconque ligne de conduite, à une quelconque éthique (quoique certains historiens soutiennent la thèse disant qu'ils avaient une éthique propre : le pouvoir par n'importe quel moyen), à un quelconque programme ... enfin bref, sans réfléchir à quoi que ce soit d'autre que le nom du parti.

Le VIENS était né.

Soutien du Régent Lévan III le fol

Alors que l'avenir du VIENS semblait compromis dès sa naissance, leurs dirigeants n'ayant que leur ambition mégalomane à proposer, un soutien inattendu vint à leur secours.

Le Duc de Champagne, l'honnête Korbn, avait accepté que la Bourgogne se sépare de sa voisine la Champagne. Il fallait donc un Duc provisoire pour ce nouveau Duché.

C'est à ce moment précis que le bon Goel eut une idée qu'il qualifia lui-même de géniale, il proposa au Régent Lévan III le fol de lui céder sa fiancée la volage MlleLaFée en échange du titre de Duc de Bourgogne.

Craignant sans doute déjà la puissance montante du PARS et désireux de se trouver des alliés fidèles sans morale et prêts à tout pour acquérir une once de pouvoir supplémentaire, le Régent accepta la proposition. Notons que par la suite, Lévan III le fol accorda encore moults privilèges et faveurs à ses alliés de fortune que constitue le VIENS, parmi ces nombreux privilèges, citons par exemple les postes de Duc ou Comte (outre la Bourgogne : Flandres, Savoie, Maine, ...) ou encore les postes de Grand Maître de France (à l'affable Biquette et à l'insigne Héraklius ... qui tous deux claqueront la porte du VIENS quelques temps plus tard).

Le bon Goel devint donc Duc provisoire de Bourgogne. Sa première action fut d'abroger toutes les lois régissant la Bourgogne, sous prétexte qu'elles avaient été écrites du temps où la Bourgogne prospérait au sein du Duché de Champagne. Mais rassurez-vous, le bon Goel ne laissa pas la Bourgogne sans loi, il édicta le décret suivant : "Il est à présent interdit d'élever des vaches venant d'Helvétie". Décret qui est toujours en vigueur en Bourgogne, puisque n'ayant jamais depuis été abrogé.

Le VIENS venait de trouver son cheval de bataille : à partir de ce jour, leur tactique sera de calomnier le PARS et critiquer tout ce qui est issu de la Champagne ou du PARS. Leur positionnement politique était trouvé. Par contre ce but ne pouvait être avoué publiquement, c'est pourquoi ils optèrent pour une façade, ils demanderaient aux gens de voter pour eux parce qu'ils sont sympas, drôles et de bonne compagnie (insistant sur le fait qu'ils se démarquaient ainsi des membres du PARS, qui étaient selon eux travailleurs, sérieux et pas fréquentables).

Première défaite électorale

Passant leur temps à détruire les institutions bourguignonnes au lieu de continuer à construire le nouveau Duché afin de lui assurer une certaine prospérité, les membres du VIENS payèrent leur attitude lors des premières élections ducales en Bourgogne, qui devaient être leur première grande défaite.

La liste du PARS emmenée par l'imposant Prothas remporta le plus de suffrages :
    1. "Un grand Cru pour la Bourgogne" (PARS) : 40.9%
    2. "Vivre Intensément Et Non Soumis" (VIENS) : 27.7%
    3. "Monarchie pas anarchie (Mpa)" (Mpa) : 16.3%
    4. "La Bourgogne Fanfaronne" (LBF) : 15.2%
La tête de liste du PARS devint Duc de Bourgogne. Vexé par cette défaite et la non-obtention du poste de Duc convoité, la tête de liste du VIENS, l'insidieux Ghet, prit la parole une seule fois au sein du Conseil Ducal, pour déclarer que n'étant pas Duc, il refusait de collaborer et se désolidarisait du sort de la Bourgogne.

Après donc avoir trouvé leur positionnement politique, comme mentionné ci-dessus, le VIENS trouva alors son attitude à adopter lors de défaites électorales : le sabotage. Technique simple qui consiste à faire le plus de mal possible pendant un mandat effectué avec une personne à la tête du Duché n'étant pas de leur parti pour pouvoir dire ensuite : "Regardez comme ça va mal lorsque nous ne sommes pas au pouvoir !" En plus de bloquer les projets intéressants et ralentir la croissance du Duché, cette tactique comporte aussi l'avantage de dégoûter les gens honnêtes et dévoués et a souvent comme effet de les faire quitter le Duché, laissant place libre aux gens mal intentionnés en quête de gloriole personnelle et insouciants du sort des habitants du Duché. Il est à noter que cette vile technique a fait des émules dans le Royaume.

Aidée par la mystérieuse disparition de l'imposant Prothas avant la fin de son mandat de Duc, disparition qui paralysa le Duché de Bourgogne, et aidée par le blocage de la justice fait par l'élégante Lecouscous, alors procureur, la tactique du VIENS fit merveille et ils remportèrent les élections suivantes en Bourgogne.

Fort de cette expérience, ils décidèrent d'employer en de nombreuses occasions cette tactique. Tactique qui atteint son paroxysme lors de l'élection de décembre en Bourgogne. L'affable Biquette était revenu en Bourgogne -l'expérience à l'étranger n'étant pas concluante- pour tenter d'y devenir Duc. L'entreprise échoua -nouvelle défaite électorale du VIENS- et voyant qu'il ne serait pas Duc de Bourgogne, l'affable Biquette demanda à ses co-listiers du VIENS de voter pour l'anecdotique PetitFrèreKoala. Remarquable manoeuvre politique : non seulement ainsi il comptait barrer la route à la tête de liste d'IMPACT, qui avait remporté les élections, sous prétexte qu'elle était membre du PARS, mais en plus avec l'anecdotique PetitFrèreKoala, dont l'incompétence était connue de tous, il s'assurait de voir la Bourgogne mal gérée durant le prochain mandat et pourrait revenir en sauveur dire que lorsque le VIENS n'est pas au pouvoir, tout va mal. Heureusement pour la Bourgogne mais malheureusement pour le VIENS, la manoeuvre échoua.

Recrutement massif

Le bon Goel étant membre de la LYS de l'habile Charles Maurice de Talleyrand -qui fut le mentor du bon Goel-, le VIENS décida d'y faire son recrutement, désireux de devenir la branche politique de la LYS, qui renonçait théoriquement à toute implication politique pour se consacrer au sort des indigents. C'est ainsi que nombre d'honnêtes personnes, abusées par les discours démagogiques de la LYS et du VIENS, adhérèrent à ce dernier. Parmi les nouvelles recrues débauchées à la LYS figuraient notamment le fabuleux Morkail et le romanesque Senael.

En outre, et toujours à contrario du PARS, le VIENS décida dès le début de miser sur la quantité et non la qualité pour son recrutement. Ainsi, par exemple, chaque maire élu de Bourgogne -le VIENS comptait faire de la Bourgogne son bastion, comme la Champagne pour le PARS- chaque maire de Bourgogne donc était invité à rejoindre les rangs du VIENS.

Leur recrutement non ciblé leur permit aussi parfois de tomber sur des gens compétents, mais cela fut plutôt rare et ces rares personnes finissaient toujours par quitter le VIENS.

Hégémonie en Bourgogne

La politique choisie par la VIENS finit pas porter ses fruits en Bourgogne, où le VIENS réussit à avoir consécutivement trois Ducs issus de son sein après le mandat de l'imposant Prothas, à savoir le bon Goel, le fabuleux Morkail et l'étonnant Arfax.

Aidés par les Conseillers Ducaux issus des autres listes qui n'appliquaient pas la technique du sabotage, les différents Conseils Ducaux réussirent à gérer plus ou moins bien le Duché pendant cette période.

Mais les faits marquants dont on se souvient, sont les tentatives avortées de faire la guerre à sa voisine la Champagne. En premier le bon Goel et son acolyte l'entreprenant Gaal tentèrent vainement de déclarer la guerre pour conquérir la mine d'or au nord de Tonnerre.

Puis lors de la bataille de Compiègne, le fabuleux Morkail espérait pouvoir profiter du conflit au nord de la Champagne pour les attaquer au sud. Pour ménager l'opinion publique, le fabuleux Morkail décida de se faire passer pour le sauveur pacifiste et posa un ultimatum ridicule à la Champagne. Cette dernière s'en moqua et ne céda pas aux exigences du fabuleux Morkail qui, penaud, n'osa pas passer à l'acte et appliquer les sanctions promises. Aux cours de ces événements, le courageux Averell démissionna du Conseil Ducal de Bourgogne pour aller se battre avec ses frères artésiens. Il décida de se rendre à Compiègne, mais se perdit en chemin et arriva en Savoie et y fut nommé Duc.

Expériences hors de Bourgogne

Jalousant toujours le PARS qui s'étendait dans plusieurs Duchés et à nouveau aidé par le Régent Lévan III le fol, le VIENS tenta aussi d'exporter ses idées ... ou plutôt ses membres.

L'affable Biquette obtint du Régent le titre de Comte des Flandres, le courageux Averell reçut le titre de Duc de Savoie. Anecdote sympathique sur la Savoie, le fabuleux Morkail, alors Duc de Bourgogne, décida de délaisser son Duché et quitta le royaume de France pour devenir recteur de l'université de Savoie et cerise sur le gâteau, au même moment un autre membre du VIENS, le romanesque Senael alors juge de Bourgogne, décida de s'établir au Limousin, afin d'y assurer son avenir politique, délaissant lui aussi le Duché de Bourgogne. Alors que cette attitude scandalisa toute l'Europe, la Pairie de France devant même prumulguer une loi interdisant ce qui paraissant à tout le monde impensable, alors donc les membres du VIENS ne virent pas en quoi cela était choquant et déclarèrent qu'il n'était nullement besoin de vivre dans le Duché que l'on sert et au sein duquel on a des fonctions importantes.

Notons aussi que le VIENS tenta de s'établir au Limousin et plus tard au Maine, avec plus ou moins de réussite.

Voyant le parti s'essouffler, le VIENS décida de renforcer son implantation en Bourgogne et rappela certains de ses membres influents en Bourgogne, on vit ainsi d'abord revenir l'affable Biquette, et plus tard le fabuleux Morkail qui emmena avec lui sa femme la mystérieuse Faft, et d'autres gens moins connues comme le fantomatique Nax_Ban. Malheureusement pour eux, leur tentative échoua, la Bourgogne ne deviendra jamais leur bastion.

Le VIENS aujourd'hui

Alors que les principaux membres du parti sont morts (l'insidieux Ghet, le bon Goel, le courageux Averell, la sympathique Cosette), en retraite (le romanesque Senael) ou ont quitté le VIENS (l'insigne Heraklius, l'affable Biquette, le perçant Nakuneuil, le versatile Mosco, le fabuleux Morkail, l'étonnant Arfax et tant d'autres...), le VIENS continue pour l'heure à vivoter ci et là, sans grande influence sur les affaires publiques.

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Dernière édition par le Jeu 23 Nov - 13:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Ven 29 Sep - 0:19

Le sage Juju a écrit :

Conte du Berry. Tome I

Les Origines.

Il était une fois, au sein d'un Royaume de France composé alors de l'Artois, de la Normandie, de la Bretagne, De la Champagne et de la récente Bourgogne, l'annexion de la province du Berry.

Cette belle région fut alors colonisée avec seulement 3 villages, villages uniquement forestiers qui plus est. Sancerre, Châteauroux et St Aignan furent donc ainsi ouvert à la population.

Une foule bigarrée et assez hétéroclite vint alors s'installer au sein de cette belle mais rude région. Nous manquions cruellement d'artisans à l'époque. De nombreux appels à la main d'œuvres furent lancés de part et d'autre du Royaume afin de recruter alors essentiellement des charpentiers et des forgerons nécessaires à l'exploitation de nos forêts.
Je me rappelle bien de cette période, les marchés étaient peu remplis et les produits se vendant à des prix qui nous paraîtraient aujourd'hui démesurés. Le pain était aux alentours de 8 écus, les légumes à 14 et la viande alors tournait entre 22 à 25 écus le morceau. Et cela se vendait!
Ce fut aussi l'époque où les spéculateurs se livraient à cœur joie à leur immonde travail, certains allant chercher de la marchandise dans de vieilles régions en grande quantité et à bas coût pour la revendre sur nos marchés avec une très léger démarque par rapport à nos coûts de vente moyens empochant ainsi des marges énormes (achat de pain à 7ecus et revente à 8 par exemple dans une région composée de nombreux vagabonds, je vous laisse calculer par vous même les profits). Valdy, dont je reparlerais plus tard, était évidemment un de ces tristes individus...

Le futur Roy de France, Levan III de Normandie (il était pas alors oint à l'époque), nomma un duc provisoire afin de diriger cette province en attendant que le peuple désigne son duc. Volpone de Médicis, membre du PARS et juriste reconnu et émérite au sein du Royaume s'assit donc le premier sur le trône ducal. Il choisit certains de ses conseillers parmi ses amis politiques, mais pas seulement. Des gens nés en Berry également furent joinst à ce premier conseil ducal. Je pense à Arnvald et Manulascience entre autres...

Le Premier conseil ducal ou l'histoire des bâtisseurs du Berry.

1. Duc : Volpone
2. Commissaire au Commerce : Juju
3. Bailli : Bouboule
4. Capitaine : Le_wawa
5. Connétable : Yoyoletroll
6. Juge : Arnvald
7. Porte-parole : Shavadon (mort), puis Volpone
8. Prévôt des Maréchaux : Cesarion
9. Procureur : Viking
10. Suppléant : Levan (eh oui!),
11. Suppléant : Meth,
12. Suppléant : Michel

Furent les conseillers qui eurent la rude tache de "civiliser" cette région. Ils disposèrent pour cela uniquement de leur envies et de leur intelligence. La présence de Levan III de Normandie était uniquement justifiée par la demande de Volpone qui ainsi faisait de ses Lois des réalités inaltérables, sauf en cas de contre-signature du Roy de France.

L'économie
Le trésor ducal partait de zéro, avec aucune marchandise en stock. Et les mairies qui elles n'eurent pas la chance d'avoir un maire rapidement, furent toutes assaillies par les rachats automatiques et tournant au alentour de -10 / -15 000 écus. Sancerre étant même allez jusqu'a -25 000 écus après plusieurs révoltes.
Le jeune CAC de l'époque (et oui je n'ai pas toujours eu une barbe blanche) bien qu'inexpérimenté débordait d'idées affin de remonter toute l'économie du duché. et cela tournait essentiellement autour de quatre lettres : "BOIS".
Plusieurs grandes campagnes de rachat des stocks de bois dormant sur les marchés furent lancées suivi d'exportation vers les régions qui étaient alors en manque de cette denrée indispensable. Cela était l'accomplissement de la première étape de son programme économique. La seconde fut d'orienter les productions de l'artisanat vers le métier de charpentier et ainsi encourager la production de sceaux, échelles, barques et autres dérivés boisicole. Produits amenant de fortes marges à leur fabriquant (à l'époque on tournant autour de 30/40 écus de bénéfice par jour pour un lvl2). parallèlement à cela, ce CAC composa au duché un stocks de marchandises afin de petit à petit orienter les prix de vente et ainsi de tirer les prix vers le bas, afin de permettre une meilleure exportation des produits en surstock.

Le but premier étant d'amener le Berry vers une autonomie financière forte. Le marché interne devait s'auto suffire et les excédents étaient alors destinés à l'exportation grâce à des prix bas.

La justice ou la création du droit coutumier.

Nous étions à l'époque où le codex champenois venait de voir le jour. Recueil fort complet mais indigeste. les autres provinces se lançant de façon effrénée dans des pales copies de l'œuvre du Maître Caedes, tout en se gardant bien de revendiquer une quelconque parenté avec le codex.
Le génie du Berry, vint de l'éminent Arnvald, avec la création d'un droit dit "coutumier". Le principe était d'une simplicité exceptionnelle ! Tout ce qui sortait de la moral de la trinité : de l'Église, de la vie communautaire et de l'éducation dispensée par un bon père de famille, étaient alors passible de sanction. Sanction laissée libre à l'appréciation du juge. Juge qui dans leurs grandes sagesse et cela depuis la création du Berry, n'abusèrent jamais de ce pouvoir quasi illimité ! La Cour d'appel nous donnant d'ailleurs raison dans les quelques dossiers qui lui furent présentés.
Mais le droit coutumier est essentiellement dirigé vers les affaires de la vie quotidienne des berrichons. Pour tout ce qui sort de l'ordinaire, se fut alors le Duc Volpone qui posa les bases de nos lois écrites. La quasi totalité de ces lois ont d'ailleurs traversé les années et sont toujours en vigueur. Preuve de leur puissance et de leur justesse.


La meilleur des défenses est ...d'inspirer la peur.

Les différents ducs qui se sont succédés ont toujours adhéré à cette politique sécuritaire. Le Berry est à l'époque le plus petit duché des Royaumes et pourrait donc représenter une proie facile.
Une armée de métier fut alors mise en place, les effectifs étaient peu nombreux, mais suivants les règles de guerre en vigueur à Compiègne, les soldats par contre étaient extrêmement bien équipés ! Ils avaient chacun l'équivalent d'une épée et d'un bouclier. Des balistes et des murs de pierres défendaient nos villages et un énorme stock de fer brut était présent dans nos réserves.
Par ailleurs, l'information, fut la clé de nos succès. De nombreuses amitiés disséminées un peu partout au sein du Royaume, permit au Berry d'avoir toujours un temps d'avance sur les autres provinces.
Ceci conjugué à une volonté manifeste de neutralité, désignèrent le Berry comme un interlocuteur privilégié par les belligérants. Comme l'attestent les médiatiques "accord de Pouancé" conduit par le Duc Thierry, suite à la guerre : Poitou/Touraine contre l'Anjou.
Une armée de métier parcourut également régulièrement les routes de notre province lors de l'apparition du brigandage. Les assassins et bandits de tout poils étaient alors capturés, rossés, puis passés en justice. Justice qui rendait un verdict sévère mais juste. Notre région fut rapidement réputée pour ne pas être "une terre de chasse" pour les malfrats.
Quelques révoltes, bien trop nombreuses, éclatèrent le temps du premier mandat ducal. La situation fut rapidement maîtrisée et depuis de nombreuses années le Berry est désormais une terre ou il fait bon vivre.

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Ven 29 Sep - 0:19

Le sage Juju a écrit :

Conte du Berry, Tome II

De la position du Berry durant "la Fronde".
Les ennemis de notre region onts racontés beaucoup d'histoire autour de la participation du Berry parmis les regions anti-royaliste. Il a ete dit beaucoup de betises que je vais tacher d'eliminer aujourd'hui.
Cela a commencé avec le retour du Duc Caedes en Champagne, il reprit rapidement posesion de ses petites affaires la bas et tout aurait pus en rester la. Mais durant l'absence de ce grand homme, la France avait sombré dans la facilitée et le Louvre etait desormais remplis de "courtisants" au sens vulgaire de ce mot. Levan III, n'avait toujours pas consideré comme utile le fait de se faire Oindre et ainsi attirer la benediction divine sur notre Royaume et vivait dans une certaine immoralitée. On parlait beaucoup des mignons de Paris alors. Biquette ne fut pas nommé Prince, ensuite, pour rien... bref tout allait à veau l'eau.
Caedes demande alors à Levan III de Normandie, d'eriger des Etats Generaux, conformement à la Charte du Royaume et de se faire Oindre à Reims.
A l'epoque tout les duches, trouverent que la tenue des Etats Generaux etaient alors une bonne idée et presque tous approuverere la demande du Duc de Champagne. Ce fut aussi le cas du Berry.
Mais Levan entra dans une terrible colere et de cette facon tres abrupte qui le caracterise temps, decida arbitrairement, qu'il etait temps de se priver d'un vassal devenus trop puissant. Puissant au point de lui faire de l'ombre... Le conflit se preparait.
D'un coté, la Champagne et les regions qui la soutenait dans la demande de tenus des Etats Generaux.
Une carte retracant les positions de chacun avant le debut des hostilités
Pour peu que l'on analyse cette carte de plus pret, on y retrouve surtout des grands poles d'influances qui en realitée n'avait rien a voir avec une envis de tenir des Etats generaux ou non. Ainsi, l'Artois, s'opposa par principe a la Champagne en esperant recuperer Compiegne. Tandis qu'au sud, Le Limousin voyait une occasion de s'agrandire sur le Berry.
Mais Helas, le combat qui sur le papier semblait etre en faveur du camps des partisants des Etats Generaux, fut completement chamboulé par une annonce de Levan III. ainsi que la promesse à touts les ducs et comtes en exercice qui se rallirait sous la banniere du Roy, de toucher une petite fortune, (que Paris ne disposait pas d'ailleurs et qu'elle ne paya jamais.)
Bref, ce fut le moment, ou lachement, le Languedoc se declara neutre et joua la carte de la temporisation en envoyant avec beaucoup de retard des troupes rejoindre celles de Levan. Le Bourbon Auvergne, qui avait signé via son duc TrollFarceur, la demande de tenus des EG, s'allia avec le Limousin. De meme que le Traitre Fnor, Duc de Touraine qui pourtant etait ami à l'epoque du Duc de Berry...
Ils pretexterent fallacieusement que le Berry voulait renverser Levan. Alors que plusieurs declaration du Duc de Berry assurait le contraire. Levan etait reconnus comme Suzerain du Royaume de France et il lui etait demandé de se faire oindre affin d'attirer la benediction d'Aristote sur son Royaume. Il lui etait aussi demandé et non exigé, de convoquer les Etats Generaux.
Mais les rancoeurs et les envis de conquetes de quelques hommes, prirent le dessus.
Ce fut ainsi, qu'une puissante armée composée de Trois duchés : Bourbon Auvergne, Limousin et Touraine, fit route en secret sur les terres du Berry afin de renverser le Chateau de Bourges et cela sans aucune declaration allant dans ce sens. Sans aucune declaration de guerre, rien. Aucun respect du code de l'honneur. C'etait il y'a longtemps, et je ne l'ai toujours pas pardonné! Honnis soit Senael! Honnis soit Trollfarceur! et qu'il continue de bruler dans les flammes de l'enfer, feu Fnor! Ces hommes qui etaient persuadés de pouvoir prendre le petit Berry en une seule journée! Ces hommes qui etaient sur et fier d'eux.
Quelle debacle ils onts degustés...
Le Peuple de Berry, s'est unis comme un seul homme derriere son duc. Chacun prit ce qui put lui servire d'arme. fourche, manche de pioche, gourdin, baton equipere les paysans qui se sonts rapidement regoupés autour des chefs militaire du Berry. Tandis que les soldats se mettaient en manoeuvre pour faire front à l'ennemis.
Trois duchés contre un!
le combat semblait loin d'etre equitable et pourtant t ce fut le petit qui gagna. D'un coté, l'obeissance à des ordres d'un homme vivant tres loin et de l'autre, l'amour d'une terre.
Le coeur vainc toujours... et Aristote infliga penitence aux perdants : Senael et Trollfarceur tomberent malade et n'en sonts toujours pas remis. Tandis que Fnor mourut d'une chute de cheval.
Mais helas, la champagne ne put elle contenir de meme les assaults, bien plus vigoureux et violents des troupes de Paris. Et avec l'arestation du Duc Champenois, ce fut l'ettoufement de toutes les velliitées.
Je voulais quand meme signaler le courage exemplaire du Duc Cardinal, de meme que le peuple breton qui ne renierent jamais leurs positions et resterent aux cotés de la Champagne et du Berry. Contrairement à presque toutes les autres provinces.... Ce sonts des personnes pour qui le mot Honneur, signifie quelques choses! puisse le Royaume etre remplis de personnes comme eux!


Des différents Duc et des berrichons célèbres.

  • Le premier fut donc Volpone.
    Personnage éminent au sein du Royaume de France il eut un rôle prépondérant dans la création des différentes institutions toujours en place.
    Il fut premier Pair de France, premier Duc de Berry, Cardinal de Bourges, créateur de l'hérauderie, de la justice royale de la grande prévôté et de bien d'autres choses également.

  • Le second Duc Thierry ou la seul campagne électoral du Berry.

    A la fin de la régence de Volpone, deux listes totalement différentes s'opposèrent aux élections ducales. Une liste regroupant les personnes issues du premier conseil rajoutés de quelques membres actifs du Berry. Face à une liste composée essentiellement d'arrivistes. Le triste sire Valdy en était la tête de liste. (j'en parlerais un peu plus loin)
    Suite à une égalité presque parfaite aucune des deux listes n'eut vraiment l'avantage et les débats politiques de l'époque pourrirent l'ambiance et la sérénité naissante de la région.
    Suite à la traîtrise de l'ignoble jujucast, (qu'il soit maudit lui et sa descendance sur 15 générations.) ce fut finalement Thierry, second de la liste de Valdy qui fut couronné Duc du Berry.
    Il eut deux mandats relativement calmes durant lesquelles il put se consacrer au développement de la Licorne. Laissant les affaires du Berry à son conseil. (Arnvald, Turenne, JuJu, Volpone, Awacks étant là pour cela.) Son action d'éclat fut de présider les accords de Pouancé. Traité qui d'ailleurs fut la cause de la seconde guerre Anjou/ Poitou. Mais ça, c'est une autre histoire.

  • Le Duc JuJu, dit le père du Berry.
    Difficile de parler de soi. Surtout lorsque l'on a eu la chance d'avoir une présence aussi longue au sein d'un duché. Voici le dossier qui fut transmis à la Pairie, il raconte une partie de ma vie et de mes actions pour cette région que j'aime tant.
    Il est indéniable que la politique que j'ai mené fut paternaliste. Avec le recul, je peux dire aujourd'hui, que je ne regrette aucune des décisions que j'ai du prendre et que je ne regrette aucunes des actions que j'ai du faire, ou faire faire.

  • Le Cardinal Arnvald,
    Voici son hagiographie :

  • Le Marquis Turenne,
    Responsable hospitalier, conseiller en Berry, puis en Languedoc et enfin en Orléans. il est actuellement juge à la Haute cour de Justice du Royaume. C'est un personnage central de la haute diplomatie.

  • Le fourbe Valdy,
    il faut bien un méchant dans chaque histoire et le Berry eut hélas le sien. Maire de Châteauroux peu scrupuleux, il préleva largement dans les caisses municipales. Sous ses hypocrites airs de personnage gentil et aimable, se cache en faite un fourbe. Il dut démissionner du conseil ducal ou il exerçait le poste de Capitaine, suite à une affaire de sac de blé volés. Il fuit rapidement en Poitou afin de se soustraire à la justice de notre région.
    Il démissionna du conseil du Poitou. Puis du conseil du Dauphiné lyonnais, Puis suite à un scandale contre le Comte Dugesclin, il dut fuir avant la fin de son mandat la Provence, arrivé en Flandres il y fut élu Comte 24h. Le temps de dévaliser le marché d'Antwerp et de fuir à nouveau vers l'Angleterre afin de se réfugier dans les fripes de son coquin maître unijambiste.
    Au dernières nouvelles, après avoir pour la 15eme fois promis qu'il arrêtait la politique, il vient d'être élu Comte d'Aragon en Espagne. Au moins la France, elle, peut respirer.
    Comment un tel individu put exercer autant de charges ? Peut être car il faisait partie du partie politique VIENS, dont le fondateur était Biquette, l'ancien Grand Maître de France. Ou peut être car il savait parfaitement plaire aux plus bisounours d'entre vous ! "Je suis gentil, je t'aime, tu es mon copain" était ses mots doux qu'il s'avait susurrer aux oreilles naïves. Pendant que sa main palpait les bourses de ses victimes... Lorsque on le mettait devant la liste de ses méfaits, la réponse était toujours la même.
    "Oui, mais était avant. j'ai bien changé depuis, je suis tellement désolé de ce que j'ai fait, que je veux aujourd'hui me rattraper et me faire pardonner en faisant le meilleur possible pour tout mes copains que j'aime, car je suis gentil."
    Et 15 jours après, il démissionnait après avoir trempé dans un coup fumant et foireux !

    Y'a quand même une morale à tirer de cela, je vous laisse la rechercher.

  • Avrel15
    Membre du premier conseil élu du Berry, il était un ami de Valdy à l'époque. Avant de lui tourner le dos lui aussi.
    Il fut ensuite conseiller ducal en Bourgogne, puis duc de Savoie. Marié a la Divine Franc-Comtesse Tite kanaye, il mourut de la même façon qu'il vécut, stupidement, en Artois dans sa mairie d'Amiens.

  • On peut aussi citer Woozie ou Fal le Fossoyeur, ancien st aignanais et devenu membre du conseil ducal du Poitou. Truffian, actuel connétable d’Alençon.
    Kalewia, digne successeur de Valdy à Châteauroux, il fut le premier comte du Limousin et mourut dans une sordide affaire de détournement de fonds.

  • Mitch, notre capitaine qui remporta la première coupe royale de soule avec l'équipe des prestigieux Remparts de Châteauroux. il fut ensuite, membre du conseil ducal sous mon règne.

  • Le double Morpheus.
    Capable du meilleur comme du pire. Il fut maire de Sancerre, puis conseiller ducal sous Thierry et mon premier mandat.
    Fondateur de l'ordre du St Esprit et également ancien conseiller en Languedoc (je crois) et en Alençon...


  • L'abbaye de Noirlac
    Ce n'est pas un personnage en lui meme, mais pourtant bel et bien une entité tres importante dans notre region. Je vous invite d'ailleurs à visiter les lieux
    Son histoire remonte au debut meme du Berry. Le Duc Volpone fit un don de terre à St Arnvald, le fondateur de l'ordre des Cistercien. Il aida meme a la pose symbolique de la premiere pierre de l'abbaye. Votre serviteur, fit d'ailleurs offrire le plus beau vitrail de l'ordre. Fait sur mesure par un Maitre Italien.
    Le devellopement moral de cette ordre, connus rapidement un essort fulgurant. Proposant une contre partie aux deux principaux ordre existants alors. Grande reussite et lieu de paix, l'ordre survecut a son fondateur, ce qui est la meilleur des preuves de sa force.

    Ainsi s'acheve ce qui desormais fait partie de l'Histoire de notre Royaume et plus precisement de cette petite mais tellement belle region qu'est le Berry!
    Merci de m'avoir lu jusqu'au bout
    Juliano Di Juliani, Duc Du Berry-Champenois.

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Ven 29 Sep - 0:21

Le rusé Jehan a écrit

            Caedes : la Fugue


Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent mie cognoistre. J'avois lors quelques rides de moins et le cheveu plus roux qu'aujourd'hui, où l'argenté a succédé au fauve. J'estois encore baron, je n'estois point encore pair, et venoit d'avoir descendance masle. C'estoit le temps des troubles, le temps des serments, le temps de ce que l'on nommast bien improprement "La Fronde".

Car il fut donné un nom de jouet d'enfant à une agitation qui fit vaciller le trosne, le royaulme entier, aviva les passions, déchaîna les rancoeurs et salit à jamais le nom de celui dont je veux parler ce jour. Une brise légère caresse les murailles de mon castel d'Urgel. Tout est calme, c'est l'heure sacrée de la sieste diurne, eschapatoire souveraine aux maux d'ici bas et à la brûlante chaleur du zénith. Je suis pourtant plume en main et mes feuillets s'envolent à mesure que les noircis de souvenirs.

Pourquoy, dans la sérénité calme de claire lumière ibérique, ressasser ainsi les temps jadis ? A cause d'une promesse que me fis, le soir triste d'un gris janvier, dans la geosle humide d'un ami. Ce soir-là, devant la résignation stoïque de si illustre homme, je décidoi de rédiger un jour le récit de ce que j'aurois vu. Puisque ne pouvois plus me battre pour la vie du feu duc, je juroi de me battre pour sa mémoire.

Et ce jour est arrivé. Les esprits sont calmés, la fureur endormie, et la sapience de mes trente-six printemps m'autorise d'entreprendre si douloureuse réminiscence.

Mais il faut pour cela que ma plume se fasse violence, qu'elle remonte le temps jusques bien avant les événements de la Fronde. Nous estions en octobre lorsque la Cour, la Ville et le Royaulme apprirent l'estrange nouvelle. Le duc Caedes, l'un des hommes les plus puissants de son temps, avoit disparu. C'est avecques émotion que mon ami et mentor, le duc cardinal de Beaujeu, me conta la chose.

Le duc Rafaello de la Francesca, dict "Caedes", vénitien de naissance, ancien cardinal de la Très-Saincte Eglise Aristotélicienne qui seule nous garde des tourments de l'Au-Delà, législateur éclairé de Champagne et duc aimé de son peuple, de ses vassaux et de ses amis, devoit gagner la Bourgogne où l'avoit convié le duc d'alors, Arfax de Nivernois, pour répandre sa sapience en les bancs vermoulus de l'austère université de Dijon.

En ces temps-là, la Champagne estoit terre prospère et fertile, puissante, fière et redoutée. Ses greniers estoient pleins et ses caves emplies. Entourés de ses loyaux barons, le duc Caedes soûloit prester audience à son peuple sous le chesne de Rheims, et tous s'accordoient à le trouver bon, libéral, juste, magnanime et résolu. Il avoit pris pour femme la comtesse Tsarine de la Fère, et tenoit d'elle deux hoirs masle, Alessandro et Arturo. La guerre de Compiègne, peu de temps auparavant, avoit vu la cuisante défaite du comté d'Artois et le triomphe de la Champagne caedessienne, accentuant une rivalité funeste qui porteroit ses fruits amers par la suite. Mais n'anticipons guère, et revenons au voyage de Bourgogne.

S'agissant d'un invité de marque, pair du royaulme, sans doute l'homme le plus puissant de France après le roy et son controversé ministre Volpone de Médicis, la Bourgogne s'engagea à fournir une escorte au bon duc. Davantage, le duc Caedes et son espouse Tsarine, que Dieu les aict en sa Très-Saincte Garde, avoient faict l'objet de menaces et ne pouvoient décemment voyager sans gens d'armes.

Le futur duc de Beaujeu, alors baron de Nuits-Saint-Georges et vassal des ducs de Bourgogne au mesme titre que vostre serviteur, estoit un amy de longue date de Caedes. Il gagna donc Troyes pour lui tenir lieu d'accorte escorte. Il devoit pour l'occasion être accompagné de deux tristes sires, mercenaires sans vergogne nommés Napnaptk et Brucea ; mais les deux ladres se dérobèrent, ce qui est un comble pour si célèbres brigands. On verra quel profit ils firent de ce désistement.

Cognoissant mieux que quiconque l'itinéraire retour du duc, ces deux individus tendirent alors une embuscade au convoi, sur la route de Troyes. Cardinal me conta combien l'assaut fut vite repoussé. Tous ceux qui ont déjà croisé le fer avec le duc de Beaujeu vous le confirmeront : ses qualités de bretteur mettroient en déroute maints routiers indélicats. Mais dans la surprise de l'embuscade, le bruit des estocades et l'ardeur de la poursuite menée contre les deux brigands, Cardinal et Caedes se perdirent de vue dans les sombres forêts des confins de Champagne et Bourgogne.

Quelques temps après, le baron de Nuits-Saint-Georges vit revenir la monture d'ébène du Duc, Soleil Sombre. Son maistre ne le montoit point. Quelques recherches menèrent Cardinal à une clairière où deux cadavres ensanglantés finissoient de se vider de leur sang. Leur tabard, me conta-t-il, portoit un "G" richement ouvragé de sable et de gueules. Aujourd'hui encore, j'ignore la signification de cette macabre découverte. Le duc Caedes avoit-il rencontré ennemis d'Itale, inimitiés de ses temps Sérénissimes ? Nul ne sait. Mais nul n'ignore non plus que Caedes, victorieux de la guerre de Compiègne, estoit honni de tous les Artésiens revanchards et malengroins. L'on organisa maintes battues, l'on remua ciel et terre, mais le constat fut effroyable et abrupt : Caedes avoit disparu.

Certains se réjouirent de son trépas, mais nul cadavre ne vint corroborer leurs libations. L'on resta sans nouvelles, haletants et sonnés, puis la vie reprit son cours et le royaume son calme. Tsarine, espouse de Rafaello, assuma la régence au nom d'Alessandro, hoir du duc, et tous les champenois se lamentèrent amèrement de si terrible perte.

Ainsi s'achevoit, crut-on, la vie du bon duc Caedes. Ainsi s'achève également la première partie de mon récit.

Faict au cours du moys de septembre de l'an de Pasques mil quatre cent cinquante quatre, par Don Jehan d'Urgel.

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Ven 29 Sep - 0:22

Le rusé Jehan a écrit

            Caedes : la Fronde


Montjoie en ce temps-là arboroit des lys d'or ternis et malhonnêtes. La royauté estoit tellement éloignée de ce qu'elle devoit estre que dans toutes les provinces de France, un murmure de réprobation montoit avec aigreur. Car le trosne des Lévanides n'avoit jamais esté si branlant et le royaulme si mal gouverné. Les plus expérimentés ministres de Lévan de Normandie s'estoient vu éloignés peu à peu du pouvoir. Ainsi de Saint Arnvald, le législateur averti, homme de Dieu et juge fameux de la Cour d'Appel royale ; ainsi de la controversée comtesse Tsarine de la Fère, dont le caractère estoit aussi impérieux que persévérant ; ainsi de tous les pairs de l'époque, destitués pour refonder nouvelle pairie. Et ainsi de Rafaello de la Francesca, duc de Champagne et pair du royaume, que nul n'avoit plus aperçu depuis un triste soir d'octobre.

Oh, je sais, cela semblera fort improbable aux jouvenceaux et damoiselles qui n'ont cognu que Lévan le Troisième et non Lévan de Normandie. L'eau a coulé, le sang aussi, et les ans ont effacé ces années noires. Dame, il est bientost nuit. J'ay passé toute la relevée assis à mon pupitre. Le soleil du soir décline déjà sur Urgel, et moi-mesme je sens que mon zénith passe. Mais si j'ay désormais le cheveu poivre et sel, je conserve la proverbiale malice qui ne me quitta pas tout au long des événements que m'appreste à vous conter.

Pour tout gouvernement, le royaume de France n'eust bientost que quatre pairs, dans ce qu'on nomma la seconde pairie lévanide : le duc Volpone de Médicis, le comte Biquette de Hainaut, depuis devenu prince de Condé, le vicomte Alsbo de Châlons, devenu pour luy Marquis de Nemours, et la baronne Lhise de Chastellux.

Ces quatre-là n'estoient point mauvais bougres. Maints d'entre eux s'estoient distingués au service de la Couronne. Mais ils ne purent faire face ni contenir la réprobation des provinces devant l'incurie du pouvoir royal. Quel sombre tableau que la France de ces années-là ! Jehanne la Pucelle avoit péri, livrée aux Anglois ; Charles Septième Capet avoit péri, renversé par Lévan le Premier ; puis son fils Lévan Second avoit été, selon toute vraisemblance, assassiné par son propre hoir, Lévan le Troisième. Jamais le saint-chresme n'avoit lors ondoyé leurs fronts et sanctifié leur pouvoir. La France avoit certes un monarque, mais elle n'avoit pas de roy.

Il estoit curieux, d'ailleurs, que Lévan de Normandie n'ait point cherché à se faire oindre à Rheims, alors mesme que la pucelle Jehanne avoit péri de le faire. Sans doute estoit-il trop entiché de ses favorites, et surtout de celle par qui le malheur arriva, la détestable Mllelafée. Cependant que toute la France espéroit des réformes et un Dauphin, Lévan le non-sacré batifoloit plaisamment avec cette harpie jalouse qui, sans mariage ni sacre, imposoit que l'on la traitast comme reyne. Issue de la famille d'Imbleval, elle traisnait partout ses prétentions hors de proportions et faisoit scandale de qui luy rappeloit qu'elle n'estoit en faveur que par ses prouesses camérales. De plus, elle protégeoit les hérétiques phookaïstes, ce qui estoit grande pitié.

Et le royaulme alloit à la dérive. Ah dieu, me croirez-vous, lecteurs, si je vous dis qu'en ces temps-là, la seule administration royale qui fonctionnast vrayment estoit la Hérauderie de France ? Que la Cour d'Appel fut longtemps dépourvue de juges, que la pairie ronfloit éhontément et que Volpone de Médicis cumuloit charges et sinécures avec un appétit trop voyant pour estre honneste ? Cet austère italien, aux mérites cependant recognus, cumuloit en son giron les masses de chancelier et l'espée de connestable. Il avoit pour bras droit le normand Miki54, un procureur bègue qui fit beaucoup rire de ses réquisitoires complaisants où la syntaxe défioit toute règle et où le droit estoit offensé à chaque ligne. Lequel Miki54 crut bon, après la Fronde, de laisser sa charge à une juriste de sa trempe, à savoir Lancelote de Castelnau. Mais je m'égare, et m'écarte du sujet.

Un événement, un seul, donna corps au mal-estre du royaulme. Par un froid matin de décembre, pourtant, une nouvelle avoit réjoui les coeurs et promis jours meilleurs. Juste après la Noël, la mort avoit fauché la débauchée Mllelafée et rendu Lévan à un royaulme qui demandoit un maistre. On raconte qu'elle auroit péri au cours de l'une de ses orgies coutumières, en glissant dans le bran et en se fracassant le crasne sur un pot de chambre ; mais rien n'accrédite cette version. Certains courtisans prirent mesme, pour complaire, le deuil de la bougresse. Tous espéroient, cependant, que la vacance du pouvoir prendroit fin.

Mllelafée trépassée, Lévan de Normandie parut inconsolable. Il ne reprit guère les rênes du pouvoir et annonça qu'il comptoit faire inhumer la défunte pécheresse dans la terre sacrée de Champagne. Funeste vouloir d'un coeur dans l'erreur ! Sordide désir d'un esprit chagrin ! Le duché de Champagne eut sitost un haut-le-coeur et la duchesse Tsarine, qui avoit succédé à son fils Alessandro, se garda de se prononcer en faveur de la mise en terre. Du temps du bon Caedes, nul n'auroit envisagé pareil offense à la Champagne. Et voicy que l'on souilloit la mémoire du disparu en violant la terre qu'il avoit aimé, chérie et défendu ! C'en estoit trop. De tout le royaume, l'indignation monta. Lévan de Normandie, le non-sacré, estoit de la race de ces Mérovingiens ultimes, un fainéant préoccupé uniquement de ses plaisirs. La dérive ne pouvoit plus continuer.

C'est vers cette époque que trois faits troublants vinrent apporter leurs lots d'interrogations.

Partout dans le royaulme, des placards fleurirent, signés par un mystérieux « Rédempteur » qui se répandoit en accusations contre le pouvoir lévanide. On entendit bientost parler d'une curieuse confrérie, dicte « des Enfants de Noé », laquelle soûloit se réunir dans les catacombes de Paris. Preuve d'une évidente vacance du pouvoir, les sbires de Lévan de Normandie ne tentèrent mesme pas de museler le factieux Rédempteur. Et la critique redoubla.

Le second fait troublant est une missive qu'avoit reçu la duchesse Tsarine. Les rumeurs prétendent que le duc Caedes luy-mesme l'avoit escrite pour rassurer son espouse et luy enjoindre de prendre soin de leurs deux fils. Les rumeurs sont ce qu'elles sont. Nul ne croyoit vraiment au retour de Caedes, mais l'estat d'agitation qui régnoit en France réclamoit un sauveur et la figure du bon duc estoit amèrement regrettée.

Alors, au début du mois de janvier suivant, la fière duchesse Enox de Normandie se trouva malade. La fièvre lui fit perdre cognoissance, et les plus hauts dignitaires du royaulme se déplacèrent à son chevet : la duchesse Tsarine de Champagne ; Jarkov, le bouillant vicomte de Chateaubriant dont on disoit qu'il prétendoit consoler la précédente de sa solitude ; et maints aultres grands et bons seigneurs. J'avoue ne cognoistre l'événement que par le récit que m'en fit un messager, et ne sais en détail comment Soleil Sombre, cavale de la duchesse Tsarine et qui avoit esté celle du duc Caedes, disparut en l'escurie du castel de Rouen.

Tandis que le royaulme entier avoit les yeux tournés vers la Normandie, une bien curieuse nouvelle circula : un estrange Yspagnol estoit en Normandie pour commercer du fer. L'on s'agita à bon droit : le fer estoit la principale ressource guerrière, qui disoit grand négoce de minérai disoit grande guerre à venir.

Qu'avoient à voir les terres ibériques avecques les affaires de France ? Pas grand chose en vérité, car en ce temps-là, l'Aragon se relevoit seulement des querelles de succession qui coustèrent à mon aïeul don Jaime d'Urgel la couronne et la vie ; la Castille songeoit avant tout à prendre Grenade ; et le Portugal s'aventuroit sur les costes africaines. L'Ibère de Normandie alimenta donc les plus folles rumeurs. Certains prétendent que ses paroles estoient langage codé qui annonçoit les troubles à venir.

Mon interlocuteur me conta comment, un soir, il vit un homme de haulte stature parvenir à la chambre de la duchesse Enox. Il me conta avecques quelle facilité cette homme, qui disoit venir de Sagres en Portugal, se fit déclore l'huis et put se présenter au chevet de la souffrante. Et il me narra que l'intéressé laissa sept bougies pour veiller la fièvre, chacune d'une couleur différente. Alchimie, magie, sorcellerie ? ¿Quién sabe? L'Ibère disparut nuitamment sans que personne ne susse où il estoit allé.

Malgré le trouble dans lequel se trouvoit le royaulme, la Champagne avoit envie d'oublier ses peines et ses tourments. La duchesse Tsarine, lasse d'attendre le retour d'un mari qui estoit probablement mort, obtint de pouvoir espouser en secondes noces le vicomte Jarkov de Chateaubriant, duquel elle attendoit progéniture. Un grand festoiement, avecques tournoys et banquets, fut lors organisé pour célébrer l'union de la désormais veuve et de l'ancien cardinal, le second qu'elle défroqua, car Caedes estoit cardinal luy aussy avant que d'espouser Tsarine de la Fère - quoiqu'il n'ait jamais reçu les ordres.

De tout le royaulme affluèrent les preux chevaliers et les bons gentilshommes. Mon espouse estoit preste d'accoucher de mon second enfant en nostre hostel de Carcassonne, je noulus les rejoindre, et c'est par les chroniques que j'appris le déroulement du tournoiement. Le bouillant Chateaubriant, monté sur son puissant étalon Eumeurt, armé de son fléau et de son vice extrême, parvint facilement jusques à la finale. Face à lui se dressoit un chevalier d'Itale, qui disoit venir de Trieste et se faisoit appeler Leone, le chevalier au lion.

Lecteur, aies la bonté de croire les faicts irréels que je vais t'énoncer, car ils sont en tous points vrays, aussy vrays que Dieu est Dieu et qu'Aristote est son prophète.

Chateaubriant, nouvel espoux de Tsarine de Champagne, s'apprestoit à combattre l'ultime adversaire qui le séparoit des lauriers victorieux, le chevalier au lion. Par deux fois, Leone brisa sa lance sur le bouillant Jarkov, ce qui eut pour effet de plonger ce dernier dans un profond courroux. A la troisième passe d'armes, le vicomte osta donc son plastron, présentant son torse nu à la féline lance adverse.

"Honneur et barbarie", hurla-t-il, avant que de piquer des deux. Le choc fut terrible, la lance du sire Leone allant se briser sur la poitrine de Chateaubriant. Le vicomte chut violamment à terre, et contre toute attente, les deux adversaires firent mine de vouloir poursuivre le combat à l'espée. Alors, Leone appela Tomazek de Cauroy, son escuyer, qui lui remit cimeterre étincelant. Nul ne s'estonna que le baron Tomazek, slave de naissance et ayant grandi sur les bords de l'Adriatique, seconde ainsi le citoyen de Trieste.

J'interrompt le cours de mon récit pour émettre une précision qui ne laissera pas d'esbaudir le tout-venant par ironie et coïncidence. Le cimeterre en question estoit arme damasquinée, semblable à celui qu'offrit le vicomte Blackestmajor de Beaumont-le-Roger, grand et fidèle ami du susdit vicomte de Chateaubriant, au duc de Champagne. Et c'est à pareille arme que Chateaubriant estoit désormais confronté en la tragique lice.

A cette vue, la duchesse Tsarine de Champagne se précipita au bas de la tribune, presque pasmée de voir son bouillant espoux jeté à terre. Le vicomte Alsbo de Châlons, connestable de Champagne, l'arresta immédiatement, car il n'estoit pas dit que l'on interromproit duel de gentilshommes. La duchesse Tsarine brandit alors Hauteclaire, l'espée de Caedes mystérieusement reparue quelques jours auparavant, et menaça de s'en servir si on ne la laissoit point passer oultre.

Ce que voyant, Jarkov crut à l'agression de son espousée, et lança son mortel fléau d'armes contre le connestable. Un garde qui se trouvoit non loin le reçut en plein visage et s'écroula, raide mort. Les barons Amro de Vannes et SanAntonio de Donnemarie-Dontilly estoient sur le point d'en appeler aux chevaliers de Mathusalem lorsqu'une voix, haute, impérieuse et grave, s'éleva dans l'air :

"Je suis le Seigneur de ces terres, qui peut prendre toute vie en son domaine…"

Ô hasards de la Providence ! Ô miracles du Divin ! Car cet homme qui se tenoit là, sur la fertile terre de Champagne, estoit celui-là mesme qui l'avoit aimée, chérie et défendue. Caedes se dressoit là, la visière relevée, vestu de la cuirasse au lion. Il montoit Soleil Sombre, dont la robe jais avoit progressivement reparu à mesure que la craie de son crin grisé s'érodoit.

Sitost, une grande clameur se fit entendre en la lice et couvrit le bruit de la discussion. Et c'est grande pitié, car nul ne sut véritablement pourquoy Jarkov de Chateaubriant, tirant sa dague, laissa une vilaine balafre en la joue de celuy qui avoit esté son duc.

L'acte du vicomte estoit mu par la colère. En Salomon justicier, en émule de Sainct-Louis, Caedes brandit son cimeterre et lui fit décrire un arc de cercle qui sans difficulté sépara du bras de Jarkov la main tenant sa dague. Il prit alors la parole, et tous se turent pour l'entendre ordonner l'encachottement du vicomte, la réclusion de la duchesse Tsarine et la réunion du Conseil, le lendemain à la première heure.

(...)

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Ven 29 Sep - 0:23

(...)

Le duc Rafaello de la Francesca estoit donc de retour d'oultre-tombe, pensèrent certains en se signant. De retour d'oultre-mont, apprit-on bientost, en oyant le récit de ses voyages. C'est à Sagres, près du roy Henry de Portugal, que le Vénitien avoit trouvé hospitalité et repos. C'est à Sagres qu'il avoit amèrement assisté à la déliquescence de la Champagne et du Royaulme. C'est de Sagres qu'il s'estoit embarqué pour la Normandie.

La nouvelle du retour du grand Caedes se diffusa dans le Royaulme à la vitesse d'une cavale au galop. Partout, les cloches se mirent à sonner à toute volée, et l'on dit que Lévan de Normandie luy-mesme en conçut un vif effroi.

Comme si ces dernières années ne s'estoient jamais écoulées, le duc Caedes reprit les rênes de la Champagne, sa couronne ducale et ses audiences sous le chesne de Rheims. La duchesse Tsarine, bigame par la force des choses, luy céda la place d'autant plus vivement que le trouble dans le royaulme estoit grand. Le bouillant vicomte de Chateaubriant, luy, avoit tout perdu en une journée : sa liberté, sa main gauche, son espouse et son enfant à naistre. Il ruminoit de haine en sa geosle, et sur cela, nous reviendrons en temps voulu.

Constatant le déplorable estat du royaulme, le duc Caedes prophétisoit gravement la fin de l'ère des chevaliers et le début de celle des courtisans. L'inhumation de Mllelafée lui sembloit grave insulte, l'absence de Lévan de Normandie lui parut faute encore plus grave aux yeux de Dieu et de son peuple.

Peu après, à la sortie d'une messe et devant les barons de Champagne réunis, le duc Caedes prononça une phrase qui resteroit célèbre : « Point n'est roy qui à Rheims n'est oint ». Car Lévan de Normandie n'avoit jamais reçu l'onction divine, celle qui sanctifioit l'autoricté des roys de France depuis Clovis.

La révolte estoit désormais ouverte.

Tous balancèrent entre la fidélité grégaire à l'usurpateur lévanide et la réunion des Etats Généraux, réclamés par maints hommes de bonne volonté dont le bon duc de Bourgogne, Cardinal de Nuits-Saint-Georges. Le royaulme se scinda en deux camps hésitants et flous, comme au temps où Armagnacs et Bourguignons s'entre-éventroient, et vostre serviteur se rangea là où l'amictié et le serment féodal l'appeloient : du costé du duc de Bourgogne, dont les barons de Malpertuis estoient les turbulents mais sincères vassaux.

Ainsi commença la Fronde. Et ainsi s'achève la seconde partie de mon récit.

Faict au cours du moys de septembre de l'an de Pasques mil quatre cent cinquante quatre, par Don Jehan d'Urgel.

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Ven 29 Sep - 0:27

Le rusé Jehan a écrit :



            Caedes : la Fin


Quand au hasard des jours je m'en fus faire un tour en mon ancienne adresse, rue Sainct-Anthoine, je ne recognus plus ni les murs ni les rues qui ont vu ma jeunesse. La chapelle héraldique, ma chère chapelle, dressoit toujours ses clochetons gothiques, mais les hérauts estoient-ils appelés à survivre au délitement croissant de la foy donnée ? La Bastille, elle, n'estoit plus à mes yeux l'hermétique et imposante citadelle royale qu'admirois jadis. Un homme y estoit entré, y avoit expiré, et son asme en estoit transfigurée. La grandeur, conclus-je lors, n'estoit point dans la pierre en soi, mais dans ceux qui l'habitent ou la façonnent.

En les jours apaisés que nous vivons désormais, alors que la fortune de mon sang est poussée à un nivel que jamais n'atteignit, alors que les droits successoriaux de la maison d'Urgel sont enfin recognus à la maison de Malpertuis et que le manteau de pair de France nimbe le goupil familial, il me faut rappeler aux absents de ces jours sombres que fus frondeur. La Fronde, c'estoit le retour du bon droit, le rétablissement de la grandeur royale, la fin des obséquiosités courtisanes. La Fronde, c'estoit les plus honorables féodaux du Royaulme unis pour mettre fin à la paresseuse incurie de Lévan de Normandie. Alors oui, je fus frondeur, et ne m'en suis d'ailleurs jamais caché.

Car en ce temps-là, le Royaulme de France hésitoit entre deux partis opposés. Les frondeurs s'estoient réunis dans la puissante Confrérie des enfants de Noé, et les « loyalistes » n'estoient qu'une poignée de mercenaires que nulle fidélité autre que pécuniaire n'attachoit à Lévan de Normandie. Et ils furent nombreux, les frondeurs du premier jour, à se rallier soudain au panache gris du lévanide, tant l'argent corrompt et le courage s'avilit. De cela, il sera tost question, n'en doutez mie.

Mais vois plutost, amy lecteur, quels illustres personnages eurent le courage de contester le tyran.

Sitost que le duc Caedes eut prononcé son célèbre « Point n'est roy qui à Reims n'est oint », les soutiens affluèrent de toutes les provinces du royaulme, tant estoit grand le désir de changement. Tsarine, qui conservoit pour la forme la régence de Champagne, soutint immédiatement le duc. Le jour mesme, la Normandie de la duchesse Enox se rallia à Caedes. Me croira-t-on si je rappelle que la Normandie estoit lors la seule province rattachée au domaine royal ? Me croira-t-on si je rappelle que Lévan de Normandie l'avoit eu pour apanage avant que de, selon toute vraisemblance, prendre part à l'assassinat de son père Lévan II de France ?

Le ralliement de la Normandie estoit donc lourd de symbole. C'estoit Lévan frappé là mesme où il avoit construit sa prise de pouvoir. Enox se fendit d'une déclaration publique à Reims pour rappeler que seule l'onction du saint-chresme conféroit la majesté royale, puis elle regagna Rouen pour convaincre les plus frileux de ses sujets. Peu après, deux aultres provinces se déclarèrent opposées à Lévan de Normandie : la Bretagne, par tradition, et le Berry du bon duc JuJu, la « petite Champagne », dont les riches moissons et les fertiles pasturages avoient mené à une grande prospérité et stabilité.

S'ensuivirent alors plusieurs jours de profonde effervescence, car toutes les provinces hésitèrent longuement avant que de choisir leur parti. Toutes, y compris le teigneux Artois, dont l'animosité envers la Champagne de Caedes estoit nourrie de bellicisme crasse et de rancoeur stérile. Terrible camouflet pour Lévan de Normandie, car nul duché ni comté ne le soutint immédiatement et inconditionnellement ! Et preuve irréfutable de sa coupable incurie et du mépris que ses moeurs inspiroient.

Davantage, au sein de la seconde pairie lévanide, seul Biquette de Salignac, alors comte de Hainaut, refusa les réformes et resta obstinément lié à Lévan de Normandie. Douteuse fidélité qui lui vaudroit bientost la Grande-Maistrise de France et la principauté de Condé, mais cela n'est point mon propos. Le vicomte Alsbo de Châlons et le duc Volpone de Médicis, eux, se déclarèrent ouvertement favorables au mouvement de Fronde lancé par le duc Caedes de Champagne.

Mais, demanderez-vous, que vouloient véritablement tous ces Frondeurs ? Rien que de très profitable à la Couronne et au Royaulme, en somme : la réunion des Estats-Généraux. Seuls les Estats sembloient en mesure de rendre au pouvoir l'impulsion et le souffle qui lui faisoient défault, et c'est bien cela que de nombreux hommes de bonne volonté entendoient obtenir. Objectif rempli malgré tout, car depuis la Fronde les réformes furent plus nombreuses que sous les trois règnes lévanides réunis. Sans la Fronde, qui sait ce qu'il fut advenu du pauvre Royaulme de France ? Une aultre dévergondée auroit régenté la Cour, telle celle qui tenta par trois fois d'obtenir une couronne, et qu'il seroit indécent de nommer à la postérité.

Le duc Cardinal de Bourgogne, le duc JuJu de Berry, la duchesse Enox de Normandie, le duc Mat de Bretagne, le duc Caedes de Champagne, la moitié de la pairie, une bonne partie de la noblesse et du clergé réclamoient la réunion des Estats. Si Lévan de Normandie y avoit consenti, n'auroit-il pas par là-mesme prouvé qu'il estoit bel et bien investi de la dignité royale que certains luy contestoient ? Il n'en fit rien, montrant à tous qu'il n'estoit point roy en un Royaume qui lui eschappoit irrémédiablement.

J'ay déjà dict que toutes les provinces, sans exception, hésitèrent entre ralliement à la Fronde ou soutien du fantoche lévanide. J'ajouterois que certains ducs et comtes poussèrent le vice jusqu'à assurer les aultres frondeurs de leur soutien, pour promptement tourner casaque comme girouette au vent. J'emporteroi sans doute dans la tombe les noms de ceux qui, dépourvus d'honneur, ne méritent point mémoire. Et comme le Dieu d'Aristote est un Dieu de miséricorde, je prie pour qu'on leur accorde l'oubli qu'ils n'osent réclamer pour eux, car après tout je n'écris point pour maudire, Dieu m'en garde, mais bien pour dire ce qui fut.

J'avois laissé le vicomte Jarkov de Chateaubriant seul en sa triste geosle, ruminant de haine à l'encontre du duc Caedes. Peu après le début de la Fronde, le duc Caedes jugea qu'il estoit temps de libérer l'ancien cardinal, afin qu'il ne pourrisse céans tandis que sa chère Bretagne lutteroit pour la justice. L'air libre ne tempéra point l'ire malsaine que nourrissoit le vicomte. Il ne calma pas non plus la puissante amour qu'il entretenoit pour Tsarine de la Fère, qui s'estoit donnée à luy et portoit son enfant. Chateaubriant noulut donc regagner Rennes et resta à Reims, avide d'en découdre avec Lévan de Normandie, car s'il abhorroit fort les exécrables Phookaïstes, la médiocrité juridique et le duc Caedes dont le retour luy avoit esté si funeste, il détestoit davantage encore les ennemis de la Bretagne.

L'agitation estoit déjà grande dans un Royaulme où maints libelles réclamoient les Estats Généraux. Elle prit une tournure irrémédiable avec l'estrange proclamation que fit parvenir Lévan de Normandie à l'ensemble de ses sujets.

Sans qu'on sache quels copistes acharnés parvinrent, en si peu de temps, à produire autant de copies de la proclamation que la France comptoit d'asmes qui vivoient, les villes et les campagnes furent bientost inondées de la prose maladroite des conseillers du lévanide. Qu'un roy sacré et oint de Dieu parvienne à faire tel miracle, cela estoit chose compréhensible, mais un monarque falot, débauché, soupçonné de parricide et que nulle huile saincte n'avoit jamais ondoyé ! Avecques le plus grand sérieux, d'aucuns évoquent encore un acte de sorcellerie éhonté, car au vu de la longueur du texte, en faire tant de copies est tout bonnement impossible à main d'homme. Pour moi j'ignore où est le vray et ne veux point me prononcer. Ce n'est point la dernière foys que le nom de Lévan de Normandie seroit lié à une estrange manifestation aux acres odeurs de souffre.

Le contenu de ce brulost estoit simple : les Frondeurs estoient des traistres à la Couronne, quiconque aideroit à réduire au silence la légitime demande qu'estoit la réunion des Estats se verroit grassement récompensé par Lévan de Normandie. En puisant allégrement, s'entend, dans les caisses déjà arides du trésor royal. Donc, par conséquent, en haussant tailles et gabelles et en comprimant toujours plus le petit peuple.

L'appast du gain avoit déjà perdu Cristos, le Très-Sainct Prophète, vendu pour trente sicles. L'appast du gain perdit la Fronde. Les promesses pécuniaires de Lévan de Normandie convainquirent bientost l'Artois, le Limousin et la Marche, une partie du conseil normand et plusieurs factieux bourguignons. Lévan de Normandie avoit laissé sous-entendre que les provinces frondeuses seroient dépecées, et chacun voulut bientost avoir sa part de picorée à la curée. L'intérest général du Royaulme s'effaça, comme bien souvent, devant les mesquins appétits que nourrissoient les provinces de France. Chacun ne songea plus qu'au profit qu'il pourroit faire en envahissant son voisin, et les Estats Généraux semblèrent définitivement compromis.

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Ven 29 Sep - 0:28

(...)

Le cliquetis des armes remplaça finalement l'éclat des voix. Les grandes manœuvres commencèrent et tous attendirent, haletants, l'issue des combats.

Trois fronts se dessinèrent dans nostre beau Royaulme, dans ce qui fut la pire guerre civile depuis la folie de Charles le Sixième. Commençons par la Normandie, que son statut de domaine royal rendoit particulièrement symbolique. La duchesse Enox dut faire face à une trahison menée en son propre conseil par le terne Ruthra, lequel s'empara du castel de Rouen. Chassée du pouvoir, elle dut prendre la fuite, ce qui estoit grande pitié pour une si grande dame, a fortiori convalescente. Le vaillant ost breton mit un certain temps à se mobiliser pour venger Enox, mais il s'empareroit bientost du castel de Rouen pour libérer le bon duc Gomoz de Penthièvre et la belle Nathan de Cornouaille, prisonniers des forces Artésiano-Normandes.

Le second front se trouvoit en Berry. Les troupes limousines, auvergnates et tourangelles, ravies de l'aubaine, se ruèrent bientost vers les greniers du riche Berry. Tentant à plusieurs reprises d'assaillir le chasteau de Bourges, elles se trouvèrent repoussées à chaque fois par la valeureuse défense berrichonne. Les troupes débandées se vengèrent alors sur l'habitant, et notoirement sur l'habitante.

Le troisième front, sis à Rheims, en Champagne, n'en fut point un à proprement parler. Pourtant l'endroit estoit particulièrement emblématique et stratégique. Là auroit reposé Mllelafée si nul ne s'estoit élevé contre pareil sacrilège. Là estoit la cathédrale des cathédrales, où nos roys sont oincts depuis Clovis. Là se trouvoit le duc Caedes, par qui la grogne avoit trouvé le courage de retentir.

L'Artois vivoit avec la revanche chevillée au corps depuis la cuisante déroute de Compiègne. Que l'on se souvienne que Compiègne n'a point toujours estée champenoise, mais qu'une guerre estoit venue la libérer du joug artésien. Aussy l'Artois « loyaliste » se dressa contre la Champagne frondeuse. Il lança ses troupes et mercenaires vers Rheims, avecques pour seule consigne de bien brusler et de bien violer. Aux cris de « Point de salut n'y aura pour qui le roy trahira », ce qui ne manquoit guère de sel quand on sçavoit que tous, frondeurs comme loyalistes, convenoient que le roy en question n'estoit point sacré.

Il n'y eut point bataille rangée, il n'y eut point honorable guerre. Les Artésiens avoient été défaicts à la loyale lors du siège de Compiègne, ils ne surent employer que la traitrise pour obtenir revanche. Contrairement à toutes les règles tacites du combat, la soldatesque artésienne se jeta sur la population champenoise avec barbarie et soif de sang. Les abords du castel de Rheims furent tost ravagés par ces pillards sans principes, et cela, le bon duc Caedes ne put le souffrir. Alors, il fit sortir tous les occupants du castel par une poterne et ordonna que l'on ouvre grand les portes pour mettre fin à si ignoble carnage. Les Artésiens crurent avoir vaincu, ils ne firent que s'humilier davantage.

Le duc Caedes manda héraut auprès de Lévan de Normandie pour obtenir composition honorable, puis quitta Rheims. Le vicomte de Châlons et pair, Alsbo de l'Espine, qui s'estoit désolidarisé de la Fronde peu de temps auparavant, reçut du lévanide la charge d'intendant de Champagne. L'espoir avoit vécu.

Dans le mesme temps, la Bourgogne du duc Cardinal estoit en proie aux plus vifs déchirements. En son sein, plusieurs factieux, tel le fabuleux morkail de Brionnais, l'affable biquette de Salignac ou encore le gentil Jacknight, contestoient les légitimes revendications des Frondeurs et appeloient au soulèvement du populaire. Je suivis l'affaire avecques d'aultant plus d'interest qu'estoit moi-mesme le vassal direct du duc de Bourgogne. Or il se trouva bientost que le gentil Jacknight en appela aux duchés voisins pour envahir les terres bourguignonnes, au nom de sulfureux préceptes hautement subversifs pour l'ordre voulu par Dieu, à savoir donner tout pouvoir à la masse. Ce Jacknight-là a depuis accédé au poste de duc de Bourgogne et s'y est distingué par la déficience de ses facultés cognitives.

Face à la controverse que suscitoit la position du duc Cardinal, ce dernier eut la grandeur et l'intelligence de se démettre de ses fonctions juste après la chute du castel de Rheims. Le fougueux Persan assuma alors la régence, et preuve que Cardinal de Nuits-Saint-Georges avoit toujours servi la Bourgogne avec droicture et honneur, il l'autorisa à prendre pour fief de retraite le duché de Beaujeu. La Bourgogne, minée par les divisions internes et les incessantes querelles intestines, ne se relèveroit plus avant longtemps.

Nous estions au mois de janvier. La blanche froidure recouvroit les terres gelées et désolées. La Normandie estoit sillonnée de soldatesque, le Berry avoit souffert mais tenu bon, la Champagne avait dû plier l'échine devant la masse. Les Estats Généraux, évoqués par Lévan dans sa proclamation, ne verroient jamais le jour. Les plus sots des loyalistes avoient le triomphe bruyant et plébéien et Lévan de Normandie, très opportunément, avoit rejoint la Champagne pour y recueillir les lauriers de la «victoire» artésienne.

Il me faut évoquer l'un des profonds malentendus qu'utilisèrent les loyalistes jusqu'à l'écoeurement, à sçavoir les prétendues visées royales du duc Caedes. On agita bien hault l'ambition du duc pour justifier les appétits mesquins et pécuniaires des médiocres, et l'on passa sous silence qu'un homme qui avoit quitté la France alors mesme qu'estoit tout puissant en Champagne et fort influent dans le Royaulme ne pouvoit avoir pour motivation la seule queste du pouvoir. Il vouloit les réformes, il vouloit les Estats-Généraux. Mais il n'ambitionna jamais le trosne, luy qui naquit en la République Sérénissime.

Le duc Volpone de Médicis estoit exactement dans une situation inverse. N'ayant jamais quitté le pouvoir depuis son accession à la première pairie de France, il envisageoit de plus en plus ouvertement de se poser en candidat au trosne. Plusieurs frondeurs émirent en ce temps-là leurs peurs de voir Volpone les trahir en monnayant son ralliement auprès de Lévan de Normandie. Le pouvoir estoit son seul but, de cela nul ne disconvint, surtout lorsqu'on apprit qu'il estoit en Rheims juste après la chute du castel ducal. On se méfia bien inutilement de Caedes, et trop peu de Volpone, si que ce dernier parvint à s'enfuir du royaulme. Il estoit lors asgé de plus de 80 ans, ce qui me laisse penser que les rumeurs qui font aujourd'hui estat de son retour sont soit de mauvais racontars, soit l'effet d'un usurpateur éhonté. Ne revient point en sauveur qui veut, je le crains.

Lévan de Normandie estoit en Rheims pour se faire finalement sacrer et devenir Lévan le Troisième, roy de France. Le duc Caedes de Champagne, par un estrange chassé-croisé, estoit en Paris pour se constituer prisonnier dans un dernier geste plein d'élégance chevaleresque et de noblesse d'asme.

Le sacre de Lévan III de France fut triste et sans éclat. La plupart des haults-dignitaires du royaulme n'y assistoient point, seuls deux pairs y estoient, et il sembloit qu'une partie du Royaulme narguoit volontairement l'autre. Pour ma part, je n'y parus poinct, quoique mon rang de maréchal d'armes de France m'y obligeast. Je n'estois point disposé à donner cette satisfaction aux narquois loyalistes dont le grossier manque d'éducation alloit de pair avec une tendance rustre à la rodomontade.

La cérémonie faillit pourtant ne pas avoir lieu, car la duchesse Tsarine s'estoit emparée de la Saincte-Ampoule et l'avoit dissimulée avec opiniâtreté. Tsarine, d'ailleurs, ne devoit point survivre à ses couches et trépasseroit peu après avoir mis au monde l'enfant mort-né du vicomte de Chateaubriant. Elle fut portée en terre et la nouvelle de son trépas atteignit gravement le duc Caedes et le vicomte Jarkov.

Mais revenons au sacre. Malgré l'absence préoccupante de la Sainte-Ampoule, Lévan, sûr de son faict, maintint la cérémonie. Là encore, l'on évoqua l'interventions de puissances infernales, car au moment de l'onction, un volatile estrange et saugrenu descendit de la voulte cathédrale portant un flacon de mauvaise huile de noix. Comme si l'olivier, arbre de paix et de grandeur, ne seyoit point à pareille cérémonie.

N'ayant point assisté à la chose, je ne sais que penser de cet oiseau tombant du ciel et veux croire de toute mon asme que le seul vray Dieu n'aura point permis qu'une messe noire ait lieu dans la cathédrale de France la plus élancée vers Lui. Cependant, attendu que maints prélats de Nostre Très Saincte Mère l'Eglise Aristotélicienne et Romaine présidèrent la cérémonie du sacre, nul ne disconvint désormais de ce que Lévan de Normandie estoit Roy de France et Oint du Seigneur. Vostre serviteur luy-mesme le recognut quelques semaines plus tard.

D'ailleurs, le pape Eugène V luy mesme fit le voyage depuis Rome pour assister au sacre et offrir sa bénédiction. Les mauvaises langues sifflèrent qu'il devoit bien cela à Lévan de Normandie, sur le compte duquel on mettoit le mystérieux trépas du pontife précédent, Nicolas V.

Cependant que l'apparition volatile de Rheims esbaudissoit le populaire, un cavalier franchissoit la porte Sainct-Anthoine en la bonne ville de Paris, entouré d'une petite troupe. Sans un mot, il alla jusqu'à la porte de la forteresse royale, se fit déclore l'huis et s'enfonça dans la Bastille. Cet homme avoit esté duc de Champagne, il venoit de se constituer le prisonnier de Lévan le Troisième. Evidentement, le noble geste du duc Caedes devoit épargner à la Champagne d'estre dépecée entre Bourgogne et Artois comme certains l'avoient espéré.

C'est là que vostre serviteur eut part à ces tragiques événements et jura de les conter en détail.

J'estois lors en Carcassonne où un hoir masle, du nom de Reginhart, estoit sur le point de me naistre. J'y reçus une courte missive scellée du sceau Champagne. Le duc Caedes avoit résolu de se livrer pour soulager sa terre des affres de la défaite, et il me prioit de bien vouloir le venir trouver en Paris. Je ne cognoissois le duc que pour l'avoir croisé en diverses occasions, comme son mariage avecques la comtesse Tsarine de la Fère. Je l'estimois pour ce qu'il estoit, un grand homme, juste législateur et chef magnanime, mais n'avoit jamais eu l'heur de lui parler seul à seul.

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MessageSujet: Re: Les contes historiques du PARS   Ven 29 Sep - 0:28

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Pareille missive ne manqua donc pas de m'estonner au plus hault poinct. Quoy, le grand duc Caedes désireux de parler à un simple baron en ces heures tragiques ? Certes, j'estois issu d'une antique et valeureuse maison, mais les Malpertuis estoient peu fortunés et avoient souventes fois contracté mariages impécunieux. Mon père Reginhart IV luy-mesme espousa l'infortunée infante Catalina d'Urgel, qui n'avoit pour elle que la promesse d'un comté et l'honneur de sa maison à reconquérir.

Il est des instants dans une vie d'homme où l'on sçait qu'il faut agir et ne poinct balancer. Mon espouse, grosse de huit mois, mon enfant à naistre réclamoient ma présence en Carcassonne, et pourtant, dans la nuit hivernale, je me retrouvoi bientost à galoper vers Paris. Je manquois d'y faire crever Mllelafée, ma jument, que j'avois baptisée ainsi tant la défunte favorite partageoit le mesme regard chevalin. Le cinquième jour, en milieu de relevée, j'aperçus enfin les créneaux de Paris.

Ah Dieu, je te jure, lecteur, que j'aurois aimé tirer Caedes de sa geosle et luy fournir escorte jusques à quelque port où s'embarquer. J'avois échafaudé au cours de mon voyage maints projets d'évasion, tous plus farfelus les uns que les aultres. Mais aucun ne servit. Lorsqu'on m'introduisit auprès du duc, je le trouvois amaigri, vieilli et fatigué. Cependant, l'allure estoit toujours noble et le regard bienveillant. Alors, ne pouvant contenir l'admiration qu'il m'inspiroit, je m'agenouilloi soudain et prononçoi ces paroles dont je garde encore le souvenir exact :

«Monseigneur, je vous ai donné mon amitié, à défaut de mon allégeance qui va au duc Cardinal, mais croyez bien que je ferai tout mon possible pour vous. En homme d'honneur.»

Le grand duc me fit me relever. Nous eschangeames quelques axiomes latins profonds de stoïcisme, je le renseignoi sur l'estat du duc Cardinal et celuy de mon espouse Elissa, dont il affecta de cognoistre la beauté. Alors, prenant soudainement un air grave, il me fit le garant de ses dernières volontés. Sa fille bastarde, dame Matthilde de Beaugency, seroit la tutrice de ses deux hoirs, Alessandro et Arturo. Les biens de son manoir de Clermont seroient répartis équitablement entre deux. Soleil Sombre finiroit paisiblement ses jours en une prairie champenoise.

Restoit son espée, la légendaire Hauteclaire, lame d'un empereur romain et du chevaleresque Olivier. Caedes fit du cinquième des Malpertuis le récipiendaire de ce trésor. Ses mots résonnent encore dans ma teste à l'heure où je les recopie fébrilement :

«Je vous ferai remettre mon épée Hauteclaire, vous en connaissez l’histoire, je vois en vous le seul homme capable de la garder et de la manier à notre époque. Votre noblesse est telle que je voyais en vous le seul homme apte à monter sur le trône de France, mais passons. Matthilde de Beaugency vous la portera en temps voulu.»

Manquant de défaillir, j'eus un sourire et refusoi pareil honneur. Non, je n'en estoit point digne, car seul le sang des De la Francesca avoit dignement brandi cette espée. Pareil présent devoit aller à l'engeance du duc, pour qu'elle perpétue, avec le souvenir de sa grandeur, sa race et sa lignée.

Il me répondit posément :

«Vous aurez cette épée car vous êtes digne. Si demain vous pensez que cette épée revient à l'un des mes fils et qu'il est bon qu'il la recoive, alors vous le ferez. Le sang que l'on reçoit ne suffit pas à gagner le droit de manier cette épée. Il faut plus que cela, il faut s'en montrer digne. Donc très bientot, vous en aurez la garde et l'usage.»

La gorge nouée, je fis serment de la porter avec honneur et de ne la remettre qu'à qui seroit digne de la porter après le duc et après moy. Intérieurement, je juroi également d'entreprendre le récit que j'achève ce soir, dans la tiédeur du couchant aragonais. Ah Dieu, qu'il est difficile de se remémorer ces tristes heures sans sentir son coeur se fendre et se craqueler !

Si le duc me faisoit le garant de ses dernières volontés, c'est qu'il sentoit sa fin proche. Admirable stoïcisme de l'homme face à son destin ! Splendide et noble résignation du sage devant l'inéluctable ! Le duc Caedes avoit vécu en grand seigneur, il lui sembloit indispensable de mourir pareillement. Et il estoit de mon devoir d'obéir en tout point à ses requestes, ou du moins, d'alléger ses derniers jours de mon mieux, car il sembloit acquis que Lévan III prononceroit la mort contre le duc.

Une émouvante accolade me fit prendre congé de Caedes. Je luy rappelois les quelques mots du sage Sénèque, que nous admirions tous deux : «La vie est pièce de théâtre : ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée». Et la porte vint se clore sur le noble duc de Champagne. En ressortant du lieu, esmu jusqu'aux tréfonds de l'asme par la scène que venois de vivre, j'eus la consolation de voir que les deux frères d'Appérault, les barons Amro de Vannes et SanAntonio de Donnemarie-Dontilly, estoient eux aussy venus visiter leur duc et mentor en ce qui sembloit sa penultième demeure.

Je descendis quelques marches dans la pénombre humide de la forteresse. J'avois promis au duc de luy obtenir changement de cellule, et en homme d'honneur je comptois tenir parole. Je fus lors toquer à l'appartement du gouverneur, un ventripotent belistre qui avoit acheté sa charge avec les profits de la charcuterie paternelle. On me reçut fort mal vu l'horaire, mais j'avois arguments et ruses en suffisance. J'allois évoquer les blasmes qu'un geôlier encouroit s'il maltraitoit ses hostes, lorsque des cris retentirent dans les étages.

Le sang des Malpertuis ne fit qu'en tour en mes veines, et j'hasardoi un éhonté : «On cherche à tuer le duc ! A moi la garde ! Ralliez-vous à mon panache roux !». Contre toute attente, ladicte garde se rallia et nous courusmes ventre à terre jusques à la cellule de Caedes.

Le bon duc avoit cessé de vivre.

Comme souvent chez vostre serviteur, la palpable émotion fut immédiatement contrebalancée par la nécessité d'agir vite et bien. Car le duc Caedes mort dans sa cellule après avoir reçu visitements de ses amys, cela n'estoit point chose favorable. Je fis disparaistre une dague restée au sol, je constatoi moi-mesme le trépas et menaçoi complaisamment le sot gouverneur des pires conséquences pour sa carrière si la chose venoit à s'ébruiter. Une lame avoit transpercé la poitrine du duc dont le cadavre, blême et apaisé, reposoit sur sa paillasse rougie. Peut-estre avoit-on aidé le duc à mourir, peut-estre s'estoit-il donné la mort de luy-mesme. Si la chose venoit à se sçavoir, l'on inquiéteroit les ultimes visiteurs de Caedes, ou l'on refuseroit sépulture aristotélicienne au bon duc. Et que Rafaello de la Francesca fust traité à la mesme enseigne que la risible Mllelafée, je ne pouvois le tolérer.

L'on espongea le sang, l'on étouffa l'affaire à l'aide d'un médicastre complaisant et d'un prestre bigle. Sitost mes instructions données au gouverneur de la Bastille, lequel pauvre homme doit encore me considérer comme son bienfaiteur, je dévalois intrigué les quelques marches qui me séparoient d'un estrange remue-ménage entendu juste après la découverte du corps du duc. Ma course s'arresta face à la lame nue du baron Amro, le visage baigné de larmes. Derrière luy, je recognus le cadavre de la divine comtesse Tite_Kanaye de Moissey et je ne recognus pas le cadavre de Raymond de la Barre, soldat émérite de Lévan de Normandie que l'on avoit affecté à la surveillance de la Bastille.

Estrange nuict que celle-cy, où tout le Royaulme sembloit s'estre donné rendez-vous dans les murs de la plus imprenable des citadelles royales. Te faut-il, amy lecteur, davantage de preuves de l'incurie du Lévan d'alors ?

Amro de Vannes me menaçoit, semblant bouleversé par la mort de la comtesse, puis par la nouvelle de celle de Caedes. Je parvins à calmer son ire, non sans moult diplomatie. Car si fâcheuse estoit ma posture, tant qu'un Malpertuis pouvoit parler, il pouvoit toujours s'en tirer. Après avoir séché ses larmes, le baron de Vannes m'apprit qu'il avoit vu le vicomte Jarkov de Chateaubriant s'enfuir des lieux, portant avecques luy la baronne Matthilde de Beaugency. Jarkov... Les choses estoient fort claires désormais, et mon esprit les discerna nettement. D'aultant que la dague maculée du sang de Caedes estoit ornée d'une hermine. Plutost la mort que la souillure, pensoi-je.

Un jour sans soleil se leva sur Paris. Je n'avois point fermé l'oeil du reste de la nuit, et attendoit le chant du coq dans quelque hostellerie dont j'ay oublié le nom. J'avois obtenu du gouverneur de la forteresse de le décharger du fardeau qu'estoit le corps du duc défunt. Alors que sixte sonnoient à Nostre-Dame, la nouvelle de son trépas fut mandée par courriers aux quatre coins du royaulme. Dès septime, je vins avec embaumeur et apothicaire pour veiller aux volontés ultimes du duc. Lorsque je revis la sérénité impassible de son visage d'albastre, l'émotion me submergea, bien plus qu'elle ne l'avoit fait dans la nuict. Caedes estoit mort tel qu'il avoit vécu, et cela méritoit à jamais nostre respect.

Je menois son coeur à Clermont, et le déposoit dans une châsse en l'église de la ville. Son corps embaumé seroit luy mis en terre en Rheims, selon les consignes du vicomte Alsbo de Châlons, intendant de Champagne et ancien connestable du duc Rafaello. Ma mission accomplie, j'allois bientost solliciter audience auprès de la baronne Matthilde de Beaugency, dont j'espérois, outre des éclaircissements sur les événements de la Bastille, une consolation salutaire par une compassion mutuelle. Je ne la trouvois point à Clermont, laissois un pli à son attention, puis décidois de regagner Carcassonne. Février, mois de la délivrance de mon espouse, approchoit.

J'eus deux fils cette année-là, deux jumeaux. Le second se nommoit Reginhart, il a aujourd'hui près de quatorze printemps. Dieu fit du premier un ange peu après sa naissance, sitost que le prestre luy eust ondoyé le front pour luy donner son nom : Rafaello.

Peu après ces tristes jours, le royaume apprit le trépas du vicomte Jarkov de Chateaubriant, qui avoit péri les deux yeux crevés dans les bras de Nathan de Brocéliande. Tous les personnages de cette grande et sombre tragédie avoient trépassé : le duc Caedes, la duchesse Tsarine, le vicomte Jarkov, la comtesse Tite_Kanaye, et mesme le sergent Raymond de la Barre, dont les chroniques auroient sans doute omis le nom si je ne le mentionnois céans. Volpone de Médicis, déchu de ses titres et banni de France, erroit on ne sait où. Le Royaulme de France estoit ravagé, divisé, meurtri. Mais désormais, la France avoit un Roy, lequel avoit pris conscience dans le sang qu'il estoit nécessaire d'écouter les doléances de son peuple. Malgré sa défaite apparente, la Fronde avoit triomphé.

Le comte biquette de Hainaut fut nommé Grand-Maistre de France et s'attacha à reconstruire la pairie. Cinq gentilshommes et une noble dame furent lors nommés pairs de France par Lévan III : le comte Héraklius de Monbazillac, le duc Thierry d'Argenton, le baron Charles de Chablis, plus cognu sous le surnom de "Knightingale", le comte Senael d'Ussel, et la duchesse Alivianne de la Tour d'Auvergne. Ainsi que vostre serviteur, qui estoit sans aucun doute le plus frondeur et le moins favorable à Lévan III des six. J'ay pour ma décharge le vote favorable rendu avant les événements de la Fronde par les cinq aultres pairs de l'époque, et seule Alivianne pouvoit se targuer de pareil blanc-seing parmi les impétrants. Aussy acceptois-je le manteau de pair, afin que de perpétuer les valeurs qui furent celles de Caedes et de la Fronde. Je n'estois point un homme de guerre, mais certes un homme de plume. La Hérauderie de France fut ma tâche, le récit de mes souvenirs seroit mon oeuvre.

Partout dans le Royaulme, la foy donnée et le serment vassalique commencèrent à s'effacer devant la puissance de l'argent et la queste des prébendes. Un monde s'estompa, un autre lui succéda.

Ainsi s'acheva le temps des chevaliers. Et ainsi commença celuy des courtisans.

Quant à Hauteclaire, j'en confiois dans ma lettre la garde à dame Matthilde de Beaugency, la sachant plus digne que moy de porter la lame de par son auguste filiation. Mais je ne me suis point encore dédit de mon serment. Je continueroy de veiller à ce que cette sainte espée ne tombe jamais en de viles mains, et mon fils après moy poursuivra cette noble tâche, en mémoire de celuy qui fut le plus grand, le plus noble et le plus sage homme que Dieu m'ait donné de costoyer.

Achevé ce jour vingtième de septembre de l'an de Pasques mil quatre cent cinquante quatre, par Don Jehan d'Urgel.

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